Les champagnes Henri Abelé et Alfred Gratien ensemble dans le groupe Henkell

L'intégration de Freixenet dans le groupe Henkel intéresse de près la Champagne
L’intégration de Freixenet dans le groupe Henkell intéresse de près la Champagne

 

D’ici quelques semaines, la décision sera prise. Le groupe espagnol Freixenet (une entreprise partagée en trois familles ) pourrait revendre des parts ou une part des parts au groupe Allemand Henkell.

Pourquoi les histoires des leaders de mousseux espagnols et allemands nous concerne ?  L’un et l’autre sont propriétaires de deux maisons de champagne connues : Henri-Abelé à Reims et Alfred Gratien à Epernay.

Les prémices de l’affaire remontent à deux ans. Mais elle n’est pas simple.

L’allemand Henkell avait fait sa première offre en 2016 pour 50,7% de Freixenet . Premier problème, une affaire de famille. Henkell a présenté son offre d’achat il y a plus d’un an, mais le décès des soeurs Carmen et Pilar Ferrer Sala, filles des fondateurs de l’entreprise, ainsi que le désaccord des différentes branches familiales ont ralenti le processus. Selon le journal espagnol Lavanguardia, « Trois des frères Bonet Ferrer, ainsi que la famille du vice-président, Enrique Hevia, actionnaires de Freixenet, ont accepté de vendre leurs actions au groupe allemand, qui obtiendrait alors 50,7% des actions. Le président d’honneur du groupe, José Ferrer, premier actionnaire avec 42% du capital, et José Luis Bonet, actuel président de Freixenet, ont décidé de ne pas vendre leur actions. »

De plus il y a à peine quelques jours, José-Luis Bones, le président de Freixenet, a déclaré  » mon oncle José Ferrer et moi, qui avons dit que nous ne serions pas des vendeurs « , at-il rappelé. Selon lui, «  l’entrée de Henkell à Freixenet serait une « opération intéressante, car les synergies sont importantes, bien qu’aucune décision n’ait été prise pour l’offre.«   Presqu’une télénovelas

Second problème, une affaire géopolitique : Freixenet étant une entreprise catalane, Henkell doit faire face à l’avenir de la Catalogne, et devant l’imbroglio politique  il n’était pas évident que l’allemand maintienne son offre estimée à 250 millions d’euros pour 50,7% du capital de Freixenet.

Côté Champagne,  les deux maisons sont assez éloignées en termes de vinification et d’images. Henri Abelé fait du tout inox avec un vieillissement de trois ans en caves, Alfred Gratien travaille sur les fûts avec un vieillissement plus long. Si la commercialisation est presque semblable avec 300.000 bouteilles par an.

Lors du rachat d’Henri Abelé par le roi des cavas catalans Freixenet avait fait grand bruit en 1985. L’arrivée en 2007 d’un vrai chef de cave, Franck Nicaise,  a permis d’intégrer une nouvelle cuverie et vinifier des lots plus petits et de meilleure qualité.  La maison Alfred Gratien appartient depuis 2000, comme la maison mère Gratien-Meyer à Saumur, au groupe Henkell, son chef de caves, Nicolas Jaeger travaille sur des fermentations malolactiques bloquées, le vieillissement en cave des vins millésimés se fait sous bouchon de liège.

Freixenet est le premier groupe du secteur du cava, avec un chiffre d’affaires de 529 millions d’euros en 2016 (+5% versus 2015). Il commercialise plus de 100 millions de bouteilles de cava par an.

Henkell ( à ne pas confondre avec Henkel) a réalisé 501 millions € de chiffre d’affaires en 2016 pour une production d’environ 250 millions de cols (vins et spiritueux). Henkell est l’une des six divisions du groupe Dr Oatker (également Allemand) qui dispose d’activités alimentaires, de boissons mais également  d’hôtels, de transport maritime et de banques qui réalise onze milliards de chiffre d’affaires. Représenté par ses filiales dans 20 pays, exportant vers plus de 100 pays à travers le monde c’est le leader du marché du vin, du vin mousseux, du Prosecco ou de diverses catégories de spiritueux dans de nombreux pays.

In a few weeks, the decision will be made. The Spanish group Freixenet (a company split into three families) could sell shares or a share of the shares to the German group Henkell.

Why are the stories of sparkling Spanish and German sparklers about us? Both of them own two famous champagne houses: Henri-Abelé in Reims and Alfred Gratien in Epernay.


German Henkell made his first bid in 2016 for 50.7% of Freixenet.
 First problem, a family affair. Henkell presented its offer to buy more than a year ago, but the deaths of sisters Carmen and Pilar Ferrer Sala, daughters of the founders of the company, as well as the disagreement of the various family branches slowed down the process. Also just a few days ago, José-Luis Bones, the president of Freixenet, said "my uncle José Ferrer and I, who said we would not be sellers," he said. According to him, "the entry of Henkell to Freixenet would be an" interesting operation, because the synergies are important, although no decision was made for the offer. "
Second problem, a geopolitical case: Freixenet being a Catalan company, Henkell must face the future of Catalonia, and in the face of the political imbroglio it was not clear that the German maintains its estimated supply of 250 million euros for 50.7% of the capital of Freixenet.

Second problem, a geopolitical case: Freixenet being a Catalan company, Henkell must face the future of Catalonia, and in the face of the political imbroglio it was not clear that the German maintains its estimated supply of 250 million euros for 50.7% of the capital of Freixenet.

Champagne side, the two houses are quite distant in terms of vinification and images. Henri Abelé does all stainless steel with aging of three years in cellars, Alfred Gratien works on the barrels with a longer aging. If marketing is almost similar with 300,000 bottles a year.

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Le groupe Pinault intéressé par la maison Laurent-Perrier

Encore des rumeurs sur le rachat de la maison de champagne Laurent-Perrier.
Encore des rumeurs sur le rachat de la maison Laurent-Perrier.

Ici radio Galipes ! Attention article Chaud Chaud Chaud parce qu’il est à prendre avec beaucoup de pincettes ! L’affaire est assez étonnante pour être signalée.  Le (mystérieux) bijou champenois de Tours-sur-Marne intéresserait  François-Henri Pinault. Bien sûr, autant l’un que l’autre font partie de l’imagination champenoise. De grands serpents de mer de la Champagne. Ainsi il a toujours été dit que le deuxième groupe de luxe français aimerait s’installer en Champagne comme il a toujours été évoqué (depuis le décès de Bernard de Nonancourt, patron emblématique  de Laurent-Perrier), que la marque serait à vendre. Question vérification, aucune illusion, aucune réponse, les deux groupes sont côtés en bourse. Donc silence radio.  Pourtant un troisième opérateur rejoignant les deux autres (LVMH et Pernod Ricard), cela pourrait faire joli dans le paysage. On peut ajouter que cela calmerait les peurs, réelles ou non, liées au rachat d’un chinois richissime où à l’arrivée des groupes américains Gallo ou Constellation.

De plus voilà de quoi compléter le joli portefeuille de vins de la holding de la famille Pinault. Qui se remplit doucement mais sûrement.  Déjà avec le rachat difficile du Clos-de-Tart en Bourgogne (la maison Roederer faisait partie des concurrents) en octobre dernier, puis avec le Château Latour, 1er grand cru classé en Pauillac (Médoc), le domaine Eisele Vineyard situé dans la Napa Valley en Californie, le Domaine d’Eugénie en Bourgogne ou encore le Château Grillet dans la vallée du Rhône.

Mais faut-il s’en souvenir l’écho du rachat de la maison Laurent-Perrier ne date pas d’hier. En 2012 une rumeur insistante avait prêté à l’Union-Champagne, l’ambition d’acquérir la maison Laurent-Perrier. De plus si le Clos du Tart serait avec 220 millions d’euros, une des plus chères transactions jamais réalisée en Bourgogne, la maison Laurent-Perrier en Champagne, avec 160 hectares en propre et 1200 ha en approvisionnements, est nettement plus onéreuse (on parle d’un milliard d’euros).

The case is amazing enough to be reported. TheChampagne of Tours-sur-Marne would interest François-Henri Pinault. Of course, as much as one is part of the imagination champenoise. Great sea serpents of Champagne. Thus it has always been said that the second French luxury group would like to settle in Champagne as it has always been mentioned (since the death of Bernard de Nonancourt, emblematic patron of Laurent-Perrier), that the brand is for sale.
However the echo of the purchase of the Laurent-Perrier house is not new. We remember in 2012 that an insistent rumor had lent to Union-Champagne, the ambition to acquire the house Laurent-Perrier. Moreover if the Clos du Tart would be with 220 million euros, one of the most expensive transactions ever made in Burgundy, Laurent-Perrier house in Champagne, with 160 hectares in own and 1200 ha in supplies, is much more expensive (on speaks of a billion euros).