La vendange 2018 vue par Guillaume Roffiaen, chef de caves de Nicolas Feuillatte

comparaison sportive de Guillaume Roffiean, chef de caves de Nicolas Feuillatte.
Comme une finale de Grand Chelem, la comparaison sportive de Guillaume Roffiaen, chef de caves de Nicolas Feuillatte.

Après Hervé Dantan (Champagne Lanson), Cyril Brun (Charles-Heidsieck) et Laurent Fresnet (Champagne Henriot), Jean-Baptiste Lecaillon (maison Roederer), c’est au tour de Guillaume Roffiaen, chef de caves de Nicolas Feuillatte d‘évoquer son état d’esprit en début de vendanges. Pour exposer son point de vue, ce grand amateur de rugby, tient à transformer l’essai.  Il ressent sa vendange comme une montée d’adrénaline:  » Une vendange, c’est comme jouer la Finale d’un Grand Chelem, mais sans être passé par les matchs de qualification. On est immédiatement en mêlée, dans le dur. »

A l’instar de ses confrères, lui aussi reconnaît que cette récolte se place sous de bons augures : «  « oui, la nature est généreuse, !  Et nous bénéficions de bonnes conditions. Mais une bonne matière première ne suffit pas à faire de bons vins.  95% de la qualité de mes futurs vins se jouent à la vendange. Donc je ne suis jamais serein, même quand tous les indicateurs sont au vert ! Je suis en vigilance permanente. » A cela il faut ajouter que le chef de caves est soumis à des responsabilités, non seulement envers le Champagne Nicolas Feuillatte, mais également envers les plus de cinq milles adhérents du CV-CNF (Centre vinicole Champagne Nicolas Feuillatte) .  » J’ai besoin de m’assurer que tout se passe bien. » On est toujours surpris par la Nature: je peux être mobilisé sur un sujet auquel je ne m’attendais pas – même si je refais le match d’une année sur l’autre, à chaque vendange ses enseignements. C’est aussi un moment charnière: la fin d’une époque, la campagne viti – et le début d’une autre, l’oeno-vini. Que la fête commence! « 

Tessiture de la peau et pépins

Pour que celle-ci se soit réussie, ses consignes sont claires : «  goûter les baies! C’est simple mais c’est le premier acte oenologique. Un chef goûte ses plats? Je lèche la cuillère ! On incite les vignerons à cette pratique, particulièrement recommandée quand on doit gérer une vendange chaude, comme au démarrage cette année. Pour moi, ce ne sont ni les degrés, ni l’acidité – c’est la maturité. Les équilibres sont plus parlants que l’analyse en terme de prise de décision. Concentration, finesse et maturité: c’est là que se fait l’arbitrage stylistique pour les vins de Champagne Nicolas Feuillatte. J’en reviens à l’essentiel: la baie! La tessiture de la peau voire même des pépins. Cela peut être déterminant dans les gestions des rouges. »

Et d’en revenir au rugby: Pinots Noirs, équipe 2018? Les All Blacks!

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