La vendange 2018 vue par Hervé Dantan, chef de caves du champagne Lanson

Le point sur la vendange 2018 avec Hervé Dantan.
Le point sur la vendange 2018 avec Hervé Dantan.

« En 2018, les degrés vont donc être élevés (supérieurs à 10) et les acidités assez modérées, avec un équilibre sucre /acide très proche de la vendange 2002. C’est dire si nous n’avons rien à craindre et tout à espérer ! » 

Veille de la récolte,  Hervé Dantan, le chef de caves de la maison Lanson, apporte son témoignage, ses espoirs, ses craintes sur la vendange 2018. Pour l’homme de l’art :  » toutes les conditions sont réunies pour nous apporter une vendange 2018 parfaite: état sanitaire impeccable, très belle évolution de la maturité, beaux rendements dans la majeure partie de la Champagne. Et une météo favorable dans les prochains jours qui ne devrait pas freiner les cinétiques de maturité . » Mettant en exergue les conditions météos: particulières, Hervé Dantan rappelle certains éléments :  » L’année 2018 restera d’ores et déjà dans les mémoires par la qualité de son printemps – été incroyable qui nous a apporté des températures et un ensoleillement très proche de l’année 2003, et par le contraste avec la première partie de l’année  incroyablement maussade. L’hiver très pluvieux avait permis une bonne recharge hydrique des sols, et même si un certain stress hydrique est apparu dans certaines parcelles,  la maturité a été très active pour les 3 cépages, et les dates de début de vendanges sont comme nous l’attendions incroyablement précoces. » De quoi évoquer, « le spectre d’une année 2003 très mûre et peu acide qui pouvait être craint, mais même si  l’été climatique 2018 est très proche de 2003, l’équilibre des moûts sera meilleur, favorisé par une maturité en 2018  un peu plus lente qu’en 2003, et qui va donner une maturité physiologique bien plus aboutie avec des acidités meilleures que 2003. »

Bien sûr le chef de caves de la maison Lanson évoque l’acidité  :  » c est le paramètre qui fait parler en 2018, et qui semble inquiéter certains vignerons. Comme dans tout millésime solaire, les degrés progressent vite et les acidités chutent effectivement rapidement. » Toutefois comme on le sait désormais en Champagne, l’acidité n’est plus le maître-mot de la vinification ( d’autant plus lorsqu’on ne pratique pas de fermentation malolactique ) : «  l’observation des 50 dernières récoltes en Champagne montre que la qualité des vins est très souvent associée à 2 critères: Richesse en sucres supérieure à 10% et raisins parfaitement sains. Le niveau d’acidité des moûts ne permet pas d’établir un jugement sur le potentiel.  De grands millésimes champenois  très mûrs avec des acidités assez basses tels que 1947,1959,1976,1989,2002 sont toujours là pour en témoigner. »  On signe tout de suite !

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