L’histoire du champagne dosé pour les becs sucrés

Les champagnes très dosés ou fort dosés inscrits dans l'histoire.
Les champagnes très dosés ou fort dosés inscrits dans l’histoire.

L’histoire du dosage en Champagne  n’est pas linéaire. Au début du 19ème siècle, le dosage n’est pas systématique. Il le devient dans les années 1820, et augmente considérablement à partir de 1830. Le dosage dépend essentiellement des goûts des consommateurs. En fait, Au 18ème et 19ème siècles, le processus de prise de mousse était très empirique et  l’on ajoutait au vin beaucoup de sucre afin de s’assurer une belle effervescence.  Le monde entier, à commencer par la Russie consomme essentiellement durant le 19ème  siècle des vins dosés. Seule la Grande-Bretagne et le Commonwealth, suivis par les États-Unis réclament des champagnes plus secs. Ainsi les champagnes de la fin du 18ème siècle sont très proches de ceux que nous buvons aujourd’hui. Ils étaient assez peu dosés. Le dosage augmente fortement vers 1830 puis diminue durant le dernier quart du siècle sous l’impulsion du marché britannique.

La cour impériale de Russie, vite imitée par les classes les plus aisées, n’aime que les vins doux. Le champagne est servi et bu glacé entre 2 et 4° voire réfrigéré ce qui atténue la sensation de sucré. Par ailleurs, leurs tables sont riches de sucreries et de douceurs, il leur faut donc un vin qui s’allie parfaitement avec ces mets sucrés. Le dosage consiste à ajouter une liqueur sucrée après le dégorgement. Il permet d’édulcorer le vin qui a été privé de son sucre par la seconde fermentation. À la fin du 18ème et au début du 19ème siècle, il n’est pas systématique. Ce n’est qu’à partir des années 1820-1830 que le vin est systématiquement dosé.  La quantité de liqueur que l’on ajoute varie selon que l’on souhaite obtenir un vin brut, sec, demi-sec, ou doux.

Un vin dosé millésimé

Si le champagne dosé est (ré) apprécié aujourd’hui c’est tout simplement qu’il est de nouveau à la mode. Aux oubliettes,  les souvenirs peu heureux des assemblages de restes de taille associés à une bonne ration de sucre dans lesquels on plongeait ses gâteaux secs le dimanche.  Une époque terminée car des maisons et des vignerons rivalisent d’imagination pour trouver le juste équilibre entre le vin, le sucre et… l’image. Rendons à César…C’est Jacques Péters, chef de caves de Veuve-Clicquot jusqu’en 2006, qui a créé en 1995 « Rich Reserve », le premier vin dosé millésimé, destiné à la restauration. Une vraie révolution en termes de goût et de vinification.

Ensuite, en 2006, Moët & Chandon réalise un cocktail le Nectar on Ice avec son Nectar Impérial (le demi-sec de la marque) avec des feuilles de menthe et des glaçons qui remporte un succès d’estime, mais laisse de quoi  « phosphorer » sur la consommation estivale du champagne. Qui est paradoxalement moins forte en été qu’en hiver. Il s’agit d’une  période où l’on préfère des cocktails glacés au champagne.  Comme l’avait souligné Moët Hennessy  lors du lancement ue désormais célébre Ice Impérial,  » l’objectif est de bien faire comprendre qu’on peut mettre des glaçons dans la champagne. C’est le premier signe de la mixabilité. » On le retrouve presque partout dans les bars, de Miami aux paillotes de Saint-Tropez. »

La locomotive champenoise a fait son travail de leader. Depuis, Veuve-Clicquot et son « Rich » » Taittinger avec ses cuvées Nocturne, Lanson avec son White Label, Gosset avec sa Petite douceur d’été, Canard-Duchêne avec son Smooth et bien d’autres ont suivi pour plaire aux marchés exports, aux relais de croissance, aux jeunes, aux discothèques, aux plages branchées…

En 2017, environ 4, 8 millions de flacons ont été vendus, soit 3, 17% des expéditions champenoises. C’est le Japon qui est le plus gros client avec 943 515 cols sur 12,8 millions, soit 7, 33 % du marché. A noter que c’est en Afrique du Sud que le champagne dosé est fort apprécié : 249 538 cols sur 766 862, soit 32, 5%. Le champagne dosé représente une petite part du marché du champagne, mais  les prix de ces cuvées représentent, eux, une belle valeur ajoutée.

A savoir : 

– Doux plus de 50 grammes de sucre par litre.

– Demi-sec entre 32 et 50 grammes de sucre par litre.

– Sec entre 17 et 32 grammes de sucre par litre

– Extra dry entre 12 et 17 grammes de sucre par litre

– Brut moins de 12 grammes de sucre par litre

– Extra brut entre 0 et 6 grammes de sucre par litre

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