Rien n’est trop clos pour la Champagne

Le clos en Champagne, une belle idée à commercialiser.
Le clos en Champagne, une belle idée à commercialiser.

Clos : terrain cultivé et fermé par des haies, des murs, des fossés (Petit Robert). Produire une cuvée qui arbore la précieuse étiquette où est imprimé le mot « clos » n’est pas simple. Il faut déjà posséder la parcelle. On ne décrète pas la commercialisation d’un clos, il doit exister, être né, comme son nom l’indique clos, figurer historiquement sur les registres parcellaires et obtenir l’accord de l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité). Ensuite, le pressurage doit être personnalisé. La déclaration de récolte doit être effectuée à part. « A part », c’est bien le maître mot du clos. Pourtant, on pourrait considérer le clos comme un intrus dans le monde champenois du sacro-saint assemblage puisqu’il ne peut-être réalisé qu’avec des vignes d’une même parcelle. Toutefois mono-cru, mono-cépage, le tout entouré d’un mur,  les clos ont toujours existé en Champagne, mais les raisins ne bénéficiaient pas  d’un traitement de faveur, ils étaient pressurés avec d’autres. Avec la notion de parcellaire de plus en plus en vogue dans les vignobles champenois, les clos sont devenus de vrais pépites pour qui sait les exploiter. Pour les maisons ou les récoltants-manipulants qui les produisent, il s’agit bien là d’une image de marque exceptionnelle  le plus souvent associée à un marketing très efficace s’appuyant principalement sur la rareté. 

Clos des Goisses : le plus ancien ( Champagne Philiponnat)

Le Clos des Goisses fut acquis par la maison Philipponnat en 1935, qui lui donna sa physionomie actuelle en complétant le système d’escaliers-descentes d’eaux et en consolidant son monopole grâce aux rachats des parcelles dispersées lors des révolutions et crises. Il s’agit de la première cuvée de ce type à être commercialisé en tant que clos. Ici on y traite les vignes avec des chenillards, la pente est ardue à monter. La vue est l’une des plus belles de la Champagne. Il y fait en moyenne 1,5°C plus chaud que dans le reste de la région pendant la période de maturation du raisin, ce qui équivaut à descendre environ 400km plus au sud… en Bourgogne.Entre chardonnay et pinot noir, 5, 15  ha sont consacrés à cette cuvée spécifique. A l’inverse d’autres, c’est le Clos des Goisses qui porte l’emblème de la marque Philiponnat. La production est de 20.000 bouteilles selon les années et les rendements.  On peut d’ailleurs noter que la maison élabore également un Clos des Goisses rosé, une production confidentielle d’un millier de bouteilles réalisée trois à quatre fois par décennie. 

Clos du Mesnil : le plus connu ( Champagne Krug)

Une parcelle située en plein coeur du Mesnil-sur-Oger située en plein coeur de la commune. La vigne y pousse depuis trois cents ans. Cette parcelleMono-cépage, mono cru, a été achetée par la maison Krug en 1971. La marque y commercialise 12.000 bouteilles pour 1, 85 hectare de chardonnay (soit la même surface que la Romanée Conti). .Le vin n’est commercialisé qu’après un minimum de dix ans passés en cave. Et ne peut-être millésimé que si il convient au style de la cuvée. Une exigence qui a un prix : près de 700 euros la bouteille.  

Clos d’Ambonnay : le plus cher (Champagne Krug)

Le prix conseillé tourne aux environs de  2.500 euros.Toujours la maison Krug, situé dans le village d’Ambonnay, deux grandes portes en fer sont siglées d’un discret « K ». À l’abri des murs s’étend un havre de paix. À l’intérieur, 68 ares plantés en pinot noir.Le principe même de la maison est de s’appuyer sur la notion de rareté. «Grâce à l’approche parcellaire et la fermentation en petits fûts, la famille  a acquis discrètement 68 ares en 1994 à Ambonnay. Ce clos est classé grand cru orienté sud-est. Entouré de murs, il appartenait à un livreur de la maison Krug  et était exploité depuis 1766.En 1995, quatorze fûts sont remplis. Il s’agit d’un blanc de noirs d’exception produit à 3.000 bouteilles. Lors de sa présentation, Olivier Krug expliquait : « cette cuvée a été imaginée par mon père et mon oncle pour la génération suivante, non pas pour sortir un produit.  C’est la première fois en vingt ans que Krug présente un nouveau vin. Et seul Krug pouvait faire cela. »  

Clos Cazals : le plus zen (Champagne Claude Cazals)
Dans le vignoble, chacun reconnaît qu‘« ici, il se passe quelque chose  ». Le clos de Delphine Cazals respire la quiétude. C’est à Oger que le grand-père de Delphine Cazals décide d’acheter une maison. Il acquiert celle de Léon Bourgeois, le père de la Société des Nations, prix Nobel de la paix en 1920. En tout 3,70 hectares de chardonnay.  Lorsque la jeune femme commence à travailler avec son père Claude Cazals, elle souhaite apporter sa pierre à l’édifice en créant une cuvée issue du clos. Elle l’élabore avec Laurent Fresnet (désormais chef de caves chez Henriot),  En 1995, elle en tire 2.000 bouteilles. Depuis, la maison en commercialise près de 5000 auxquels s’ajoutent des magnums.

Voici la liste des clos recensés au Comité interprofessionnel du vin de champagne. Attention cette liste est n’est pas exhaustive d’autant que le clos a le vent en poupe

Clos du Moulin (Chigny les Roses) Champagne Cattier – Chigny les Roses

Clos des Faubourgs de Notre Dame (Vertus )Champagne Veuve Fourny – Vertus

Clos Saint Hilaire (Mareuil sur Ay) Champagne Billecart Salmon – Mareuil sur Ay

Clos Virgile (Beaumont-sur-Vesle) Champagne Portier – Beaumont-sur-Vesle

Clos Jacquesson (Dizy) Champagne Jacquesson – Dizy

Le Petit Clos (Bouzy) Champagne Jean Vesselle – Bouzy

Clos l’Abbé (Cramant Champagne Hubert Soreau – Cramant

Clos des Bouveries (Vertus) Champagne Duval Leroy – Vertus

Clos Lanson (Reims) Champagne Lanson – Reims

Le Clos (Pierry) Champagne Henri Mandois – Pierry

Clos des Bergeronneau (Villedommange) Champagne Florent Bergeronneau-Marion – Villedommange

Clos de l’Abbaye (Vertus) Champagne Doyard – Vertus

Clos Pompadour (Reims) Champagne Pommery – Reims

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