
Un mouvement de grève a réuni, jeudi 11 décembre, plusieurs centaines de salariés des maisons Moët & Chandon, Ruinart, Veuve Clicquot et Krug sur le site de Moët & Chandon à Épernay. Si la mobilisation porte sur des sujets de rémunération, elle s’inscrit également dans un contexte économique plus large, marqué par des arbitrages financiers au sein du pôle champagne du groupe LVMH.
Le conflit fait suite à la suppression de dispositifs de rémunération variable, dont la participation et la prime de partage de la valeur. Selon l’intersyndicat CGT du Champagne, ces décisions pourraient représenter, pour certains salariés, une baisse significative de la rémunération annuelle. L’organisation syndicale indique par ailleurs qu’aucune participation ne serait versée au sein des maisons concernées, une situation qu’elle présente comme inédite depuis plusieurs décennies.
Les représentants syndicaux relient ce mouvement à des choix économiques et stratégiques opérés ces dernières années. Ils évoquent notamment l’évolution des prix de vente, les volumes commercialisés et la progression des coûts de production, en particulier sur le vignoble. Des éléments qui, selon eux, pèsent sur les équilibres économiques internes et nourrissent les discussions autour de la répartition de la valeur créée.
Sur le plan financier, l’intersyndicat met en avant un décalage entre les performances globales du groupe et les décisions prises au niveau des maisons de champagne. Il rappelle que le groupe LVMH a communiqué un chiffre d’affaires de 58 milliards d’euros à fin septembre et avance, pour MHCS, une estimation de résultats opérationnels courants de plusieurs centaines de millions d’euros, avec environ 220 millions d’euros de bénéfices projetés pour 2025. Ces chiffres sont cités par l’organisation syndicale pour appuyer son analyse.
Des discussions avec la direction doivent s’ouvrir dans les prochaines semaines.
(Source : CGT Champagne Reims)
