Accueil Homme du vin François de Suarez d’Aulan, ancien dirigeant de la Maison Piper-Heidsieck, est décédé

François de Suarez d’Aulan, ancien dirigeant de la Maison Piper-Heidsieck, est décédé

©Union des Maisons de Champagne

Il faisait partie de ces figures dont la présence semblait indissociable du paysage champenois. Le marquis François de Suarez d’Aulan, ancien dirigeant de Piper-Heidsieck et acteur clé des grandes instances professionnelles, s’est éteint il y a quelques jours à 94 ans. Avec lui disparaît l’un des artisans les plus constants de la modernisation du vignoble, un homme qui a accompagné la Champagne dans certaines de ses années les plus décisives.

Héritier d’une histoire familiale profondément marquée par la Seconde Guerre mondiale, il grandit dans l’ombre d’un père, Jean de Suarez d’Aulan, mort en combat aérien en 1944 après avoir participé à la Résistance. Piper-Heidsieck, qui était alors dirigée par Jean de Suarez d’Aulan, sort meurtrie de l’Occupation et doit sa relance au général d’Alès, le beau-père de François.

Formé aux lettres à la Sorbonne, puis officier-parachutiste en Algérie — une période qui lui vaut la Croix de la Valeur militaire —, François de Suarez d’Aulan prend la direction de Piper-Heidsieck en 1957. Pendant plus de vingt ans, il guide la maison dans une phase de transformation et d’ouverture internationale, tout en préservant son identité familiale. En 1988, il supervise son intégration au groupe Rémy-Martin, estimant que l’avenir de la marque exigeait une structure plus solide.

Figure du Champagne

Son influence s’exerce également au niveau collectif. Dès 1966, il pilote la Commission Tripartite, en première ligne lors de la définition des barèmes sociaux et des négociations professionnelles. En 1968, année particulièrement sensible, il devient président de l’Union des Maisons de Champagne et occupe aussi la co-présidence du CIVC. Son sens du dialogue et sa capacité à maintenir un climat de stabilité en font un acteur central de la période.

Engagé dans la vie locale, il préside notamment le Para-Club de la Marne puis le Ring Athlétique de Reims. À partir de la fin des années 1990, il ouvre un nouveau chapitre en développant une holding familiale tournée vers le vin, avec des projets en France, en Hongrie et en Argentine, où il contribue à l’essor du domaine Alta Vista.

La disparition du marquis François de Suarez d’Aulan tourne une page importante de la Champagne contemporaine.