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La réaction des deux co-présidents du Comité Champagne face à la diffusion de différents reportages sur la filière

Maxime Toubart (SGV) et David Chatillon (UMC)

On le sait, par sa notoriété, son glamour et ses vins, le mot Champagne relève de tous les fantasmes. Comme tous les ans à la vieille des fêtes de fin d’année, la filière a le droit à de nombreux articles, ceux que l’on considère comme « classiques » à l’instar des « spécial champagne » mettant en valeur les plus belles cuvées souvent associées aux portraits de leurs élaborateurs (trices), puis d’autres, ceux s‘accrochant à une actualité. Ainsi, l‘année dernière, souvenons-nous, c’était la fameuse « pénurie » de champagne à Noël. Cette année, c’est l’inverse, puisque la grande thématique est « on ne vend plus de champagne dans les hypers  » et son corollaire « par quoi pour remplacer le champagne ». Et à cela, la réponse est simple : rien parce qu’irremplaçable ! Mais allons-nous omettre les différents documentaires et articles se délectant des problèmes qu’a rencontrés l’appellation Champagne ces derniers temps. Non ! D‘ailleurs, dans ce que le Comité Champagne appelle une « capsule d’informations », les co-présidents de l’interprofession champenoise, Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons de la Champagne et David Chatillon, président de l’Union des maisons de Champagne se sont exprimés et ont réagi en rédigeant un texte commun : 

« La semaine dernière, une série d’enquêtes sur les conditions d’emploi et d’hébergement des vendangeurs en Champagne a été publiée par un collectif de journalistes et relayée par les médias Arte et Le Monde. Les situations décrites sont indignes et contraires à l’image de notre filière et à l’engagement de l’immense majorité des professionnels.

Nous avons souhaité répondre à chaque demande de journaliste, au titre de la filière. C’est la réputation de notre appellation et d’un savoir-faire reconnu dans le monde entier qui est en jeu.

La qualification juridique qui a été retenue par le Parquet est grave. Nous prenons très au sérieux les accusations dont certains acteurs peu scrupuleux font l’objet et condamnons fermement les pratiques et comportements inqualifiables dénoncés dans le reportage.

Lorsqu’il s’agit de la sécurité et de la santé des vendangeurs, nous devons tous être intransigeants.

Nous n’avons pas attendu les drames survenus en 2023 pour nous saisir des enjeux qui entourent le travail dans les vignes. Pour répondre aux défis de la filière, nous avions déjà commencé à travailler au renforcement des dispositifs d’accompagnement des employeurs et facilité le recours à l’hébergement direct via l’obtention des dérogations collectives UMC et SGV. En effet, depuis plusieurs années, nous avons initié ces réflexions dans le cadre de notre politique de responsabilité sociétale et certaines transformations ont déjà été opérées depuis la crise COVID. Nous sommes bien conscients que nous devons continuellement évoluer et nous ajuster aux nouvelles réalités liées au travail. C’est notre priorité absolue : être toujours plus responsables et toujours plus vigilants.

Plusieurs projets sont en cours de développement et vont se concrétiser prochainement. À titre d’exemple :

  • La mise à disposition d’un outil de transparence sociale pour les professionnels. Concrètement une application en ligne, développée à partir de 2021 et expérimentée lors de la vendange 2023, sera disponible et effective pour la vendange 2024.
  • La finalisation de la Charte d’encadrement des prestataires de services, qui comprendra notamment la liste des prestataires correspondant aux critères définis par la filière. La structuration de la profession des prestataires, que nous allons accompagner, va faciliter le déploiement de la Charte dans notre région.
  • Le renforcement des outils de sensibilisation sur l’hébergement et la sécuritéainsi que la coordination avec les autorités.
  • La mobilisation des réseaux existants de la filière sur le terrain pour améliorer la remontée d’alerte. Ce dispositif est mis à disposition de l’État, en complément des opérations de contrôle.
Les quatre chantiers identifiés comme prioritaires (l’hébergement, le recrutement, l’encadrement de la prestation de services et les conditions de santé et de sécurité au travail) continuent de faire l’objet d’un travail de fond. D’autres projets sont en cours d’expertise, en lien permanent avec les services de l’Etat, pour faire en sorte que notre appellation, conformément à la feuille de route enrichie que nous nous sommes fixée, soit toujours exemplaire ».