Comme tous les ans, à Trépail, au pressoir Lanson, se tenait le rendez-vous incontournable pour la Champagne : le traditionnel petit déjeuner des vendanges, organisé par le cabinet de courtage H2LCA. Ce moment privilégié, que personne ne veut manquer, réunit chaque année les chefs de caves, les directeurs, les présidents de maisons autour d’un bilan de la récolte. Dans une ambiance conviviale, les discussions s’animent, et c’est Sébastien Dubuisson, directeur qualité et développement durable du Comité Champagne, qui a pris la parole pour revenir sur les défis et les réussites de cette vendange 2024, qu’il qualifie poétiquement de « grande beauté, mais meurtrie ».
Sébastien Dubuisson décrit la campagne 2024 comme s’étant déroulée en trois mouvements distincts. Le premier mouvement, baptisé Cauchemar en Côte des Bar, fut marqué par des conditions climatiques extrêmement difficiles dans cette région. Les vignerons ont dû affronter le gel, la grêle, le mildiou et la coulure, en plus de pluies intenses juste avant le début des vendanges. Malgré ces épreuves, les efforts des vignerons ont permis de rentrer une récolte, certes faible en volume, mais de qualité respectable.

Le second mouvement, qui s’est déroulé principalement dans la Marne et l’Aisne, a été désigné par Sébastien Debuisson comme « C’est beau, mais il n’y a pas ce qu’il faut ». Les raisins, notamment les pinots et les meuniers, présentaient de beaux équilibres, mais les rendements étaient en deçà des espérances, atteignant parfois moins de 20 % par rapport aux prévisions initiales. L’échaudage, un phénomène sous-estimé, a contribué à cette baisse significative de rendement.
Enfin, le troisième mouvement, surnommé « pluie de chardonnays », a concerné les parcelles de chardonnay de la Côte des Blancs. Bien que les volumes aient été plus importants, les degrés alcooliques étaient parfois plus faibles, notamment en raison des pluies. Cependant, malgré ces variations, la qualité des jus reste globalement très bonne, avec des profils droits et nets, témoignant d’une vendange prometteuse.
« Nous avons quelque chose de très bon entre les mains ».
En conclusion, Sébastien Dubuisson a souligné que la vendange 2024, bien que marquée par des rendements inférieurs aux attentes, se distingue par une qualité exceptionnelle. Les chiffres définitifs ne sont pas encore établis, mais les premières estimations indiquent un rendement autour de 8 000 kg/ha, loin des 10 000 espérés. Malgré cela, la Champagne se démarque par rapport à d’autres régions viticoles en France, où les conditions ont été bien plus défavorables. « En Champagne, nous avons quelque chose de très bon entre les mains », a-t-il conclu, en incitant l’ensemble des acteurs présents à se réjouir de la qualité de cette vendange atypique. Rendez-vous aux dégustations de vins clairs…
Point People @ photos : Michel Jolyot




