
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Moët & Chandon reste la marque de champagne et de vin la plus valorisée au monde, avec 2,3 milliards de dollars, en hausse de 12 %.
Mais c’est Veuve Clicquot qui réalise la plus belle performance. Avec une progression de 39 %, la maison rémoise atteint 1,4 milliard de dollars et passe de la quatrième à la deuxième place du classement.
Dom Pérignon n’est pas en reste. La marque gagne 21 %, à 300 millions de dollars, et occupe désormais le neuvième rang.
À elles trois, ces signatures champenoises représentent quelque 4 milliards de dollars. Elles enregistrent surtout les trois plus fortes progressions du palmarès 2026, qui réunit les dix marques de champagne et de vin les plus valorisées au monde.
G.H. Mumm crée la surprise
Autre enseignement, et non des moindres : G.H. Mumm se distingue dans ce classement. Si la maison rémoise n’occupe que la dixième place en matière de valorisation, elle se hisse au deuxième rang mondial pour la force de sa marque.
Avec une note de 81 sur 100, elle devance même Moët & Chandon (80,3), ainsi que Veuve Clicquot et Dom Pérignon. Seule l’américaine Barefoot fait mieux, avec 85,1 points.
Un résultat plutôt inattendu. Car la notoriété, la reconnaissance et l’influence d’une marque auprès des consommateurs ne vont pas nécessairement de pair avec sa valorisation financière.
G.H. Mumm réussit ainsi à se distinguer face aux grandes maisons du groupe LVMH, qui dominent le classement en matière de valorisation.
Le prestige résiste à la baisse des volumes
Voilà qui peut sembler paradoxal. Depuis plusieurs années, les expéditions de Champagne sont à la peine. Les consommateurs surveillent leurs dépenses, les habitudes changent et les occasions de consommation se font parfois plus rares.
Pour autant, vendre moins de bouteilles ne signifie pas nécessairement perdre de son prestige.
C’est précisément ce que souligne Brand Finance. Les grandes maisons champenoises continuent de bénéficier de leur histoire, de leur notoriété et de leur place dans l’univers du luxe. Elles restent associées à la fête, aux grandes occasions et à un certain art de vivre.
« Les consommateurs boivent moins de vin, mais ils restent prêts à dépenser pour des marques associées à des occasions importantes », observe Henry Farr, responsable mondial du secteur des boissons alcoolisées chez Brand Finance.
Et le Champagne, sur ce terrain, conserve une longueur d’avance.
Une bonne nouvelle, à relativiser
Faut-il voir dans ces résultats le signe d’une embellie pour le Champagne ? Pas si vite.
Les 2,3 milliards de dollars attribués à Moët & Chandon ou les 1,4 milliard à Veuve Clicquot ne correspondent pas à leur chiffre d’affaires. Brand Finance évalue ici la valeur financière des marques, et non les performances commerciales des maisons.
La nuance est importante. Une signature peut renforcer son poids économique alors même que ses ventes ralentissent.
Il n’empêche. Dans un marché mondial où les vins tranquilles peinent à maintenir leurs positions, le Champagne démontre une nouvelle fois la puissance de ses grandes marques.
Reste une question : cette notoriété suffira-t-elle, à terme, à compenser la baisse des volumes ? Car si le Champagne continue de faire rêver, encore faut-il qu’il continue de se vendre.
En savoir plus sur La Champagne de Sophie Claeys
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