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Champagne : 266 millions de bouteilles expédiées en 2025, entre ajustement des volumes et tensions commerciales internationales

Article actualisé le 18 janvier 2026. En 2025, les expéditions de Champagne s’établissent à 266 millions de bouteilles, en léger retrait par rapport à 2024. Un niveau qui confirme une phase d’ajustement dans un environnement économique et géopolitique particulièrement incertain, marqué par l’évolution des modes de consommation, la gestion des stocks, l’inflation persistante et un contexte international sous tension.

À ce stade, le chiffre d’affaires global de la filière Champagne pour l’année 2025 n’a pas encore été publié. Cet indicateur, traditionnellement communiqué après les données de volumes, est particulièrement attendu. Il permettra d’évaluer la capacité de la filière à préserver la valeur de l’appellation dans un contexte où les volumes reculent mais où les enjeux économiques se jouent de plus en plus sur le positionnement et la montée en gamme.

Une filière mobilisée dans un contexte illisible

Face à ces multiples facteurs de pression, Vignerons et Maisons de Champagne poursuivent une mobilisation collective afin de consolider la présence de l’appellation sur ses marchés historiques. L’objectif reste de défendre la valeur du Champagne tout en s’adaptant à des équilibres économiques et diplomatiques de plus en plus mouvants.

L’export, pilier majeur mais fragilisé

Avec près de 152 millions de bouteilles expédiées à l’export, les marchés internationaux demeurent déterminants pour la filière, confirmant le caractère universel du Champagne. Toutefois, ces marchés évoluent désormais dans un cadre commercial plus contraint, en particulier aux États-Unis.

Déjà exposé à des débats récurrents sur les droits de douane appliqués aux vins et spiritueux européens, le marché américain est à nouveau source d’incertitudes. Dans un message publié samedi 17 janvier sur son réseau Truth Social, Donald Trump a relancé des menaces de surtaxes douanières visant plusieurs pays européens, dont la France, dans le cadre d’un bras de fer diplomatique avec le Danemark et l’Europe autour du Groenland et de la présence militaire américaine.

Selon cette déclaration, à compter du 1er février 2026, le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande se verraient appliquer un droit de douane de 10 % sur l’ensemble des marchandises exportées vers les États-Unis, avant une hausse annoncée à 25 % à partir du 1er juin 2026. Si ces annonces n’ont, à ce stade, pas été suivies d’une mise en œuvre réglementaire, elles ravivent les inquiétudes des filières exportatrices européennes, en particulier celles des vins et spiritueux, fortement dépendantes du marché américain.

Le marché français, socle de référence

En parallèle, le marché français représente environ 114 millions de bouteilles en 2025. Malgré un recul modéré par rapport à l’année précédente, il demeure le marché de référence du Champagne et une priorité stratégique pour la filière.« Le marché français est une vitrine pour notre appellation, il faut le renforcer. Nous avons tous les atouts – des vins d’excellence, un savoir-faire unique et la force du collectif – pour consolider cette position et faire rayonner le Champagne », explique Maxime Toubart, président du Syndicat Général des Vignerons et coprésident du Comité Champagne.

Pour la gouvernance de la filière, la réponse aux turbulences économiques et commerciales repose sur une action coordonnée et une appellation forte, capable de résister aux aléas conjoncturels. « C’est avec une appellation forte et des actions coordonnées que nous continuerons à faire briller les yeux de tous ceux qui, à travers le monde, aiment les grands vins, le rêve, la fraternité, la fête et la vie », souligne David Chatillon, président de l’Union des Maisons de Champagne et coprésident du Comité Champagne.

Perspectives

Si les 266 millions de bouteilles expédiées en 2025 traduisent une certaine résilience des volumes, l’attention se porte désormais sur l’évolution de la valeur, dans un contexte de pressions économiques et de risques commerciaux accrus. Entre consolidation du marché français, adaptation des stratégies export et anticipation de possibles barrières douanières, la filière Champagne avance dans un équilibre délicat, où la cohésion collective et la défense de l’appellation demeurent plus que jamais centrales.