Demain, le Comité Champagne réunira les représentants des vignerons et des maisons pour fixer le rendement commercialisable de la vendange 2026. Alors qu’un rendement de 8 800 kg/ha est pressenti dans la filière, les Vignerons Indépendants de Champagne prennent les devants. À la veille de cette décision très attendue, ils alertent sur la fragilité économique croissante des exploitations et plaident pour une vision de long terme.
Une décision qui pèsera sur toute la filière
Le rendez-vous est fixé à demain. L’interprofession dévoilera le rendement qui servira de référence pour la prochaine vendange, une décision qui conditionnera les volumes récoltés mais aussi les perspectives économiques de nombreuses exploitations.
À quelques heures de cet arbitrage, la Fédération des Vignerons Indépendants de Champagne rappelle que la stabilité doit rester le principe directeur afin de préserver les grands équilibres de l’appellation.
Une nouvelle baisse du rendement suscite des inquiétudes
La fédération estime qu’un rendement inférieur à 9 000 kg/ha fragiliserait davantage les récoltants. Après une campagne fixée à 9 000 kg/ha, la perspective d’une seconde année à ce niveau, voire en dessous, nourrit les inquiétudes.
Selon les travaux menés avec ses partenaires financiers, le seuil de rentabilité des récoltants-manipulants frôle désormais 10 000 kg/ha. Pour les Vignerons Indépendants, la question n’est donc plus uniquement celle de la vendange 2026. C’est la capacité des exploitations à absorber plusieurs campagnes successives à faible rendement qui est désormais posée.
Ils estiment également que le système actuel, principalement fondé sur le niveau des stocks, ne répond plus totalement aux réalités économiques de la filière.
Le BIC reste une piste de réflexion
La Fédération des Vignerons Indépendants n’abandonne pas non plus son projet de Besoin Individuel de Commercialisation (BIC). Même si cette proposition n’a pas été retenue par l’interprofession, elle souhaite poursuivre les échanges afin d’imaginer une solution adaptée aux récoltants qui commercialisent l’intégralité de leur production en bouteilles. Ces opérateurs sont peu nombreux — environ 170 récoltants-manipulants, dont une quarantaine de Vignerons Indépendants, ainsi qu’un millier de récoltants-coopérateurs — mais la fédération considère qu’ils participent pleinement au dynamisme économique de la Champagne.
Préserver la diversité du modèle champenois
Au-delà du débat sur le rendement, les Vignerons indépendants de la Champagne rappellent que les récoltants-manipulants jouent un rôle essentiel dans l’équilibre de la filière. En élaborant et en commercialisant leurs propres champagnes, ils participent à la diversité des acteurs de l’appellation et contribuent à soutenir la valeur du kilo de raisin.




