Accueil ECONOMIE Lanson-BCC : un groupe sous pression mais toujours tourné vers la valeur

Lanson-BCC : un groupe sous pression mais toujours tourné vers la valeur

Avec environ 15 millions de bouteilles commercialisées chaque année et huit maisons dans son portefeuille, Lanson-BCC figure parmi les groupes champenois les plus importants. Dans un marché du champagne en léger repli, le groupe a toutefois vu ses résultats reculer en 2025, tout en poursuivant sa stratégie de montée en gamme et de consolidation de ses marques.

Le chiffre d’affaires du groupe champenois s’établit à 233,3 millions d’euros, en baisse de 8,7 % par rapport à 2024. Le résultat opérationnel courant atteint 38,6 millions d’euros, tandis que le résultat net ressort à 16,2 millions d’euros, soit un recul de près de 32 % sur un an.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte de ralentissement du marché du champagne. En 2025, les expéditions mondiales se sont établies à 266,1 millions de bouteilles, en baisse de 2,1 %, pour une valeur estimée à 5,6 milliards d’euros.

Un groupe de huit maisons et près de 460 salariés

Pure player du champagne, Lanson-BCC regroupe huit maisons aux positionnements complémentaires : Lanson, Chanoine Frères, Besserat de Bellefon, Boizel, Philipponnat, de Venoge, Alexandre Bonnet et Maison Burtin.

L’ensemble emploie 459 salariés et s’appuie sur un réseau d’environ 1 600 vignerons partenaires pour son approvisionnement en raisins. Le groupe possède également 144 hectares de vignoble, auxquels s’ajoutent des participations dans d’autres exploitations, couvrant environ 9 à 10 % de ses besoins en raisins.

Cette organisation reflète une stratégie historique combinant croissance interne et acquisitions successives depuis les années 1990.

Un portefeuille estimé autour de 15 millions de bouteilles

Si le groupe ne communique pas officiellement sur les volumes par marque, les données du secteur permettent d’estimer que Lanson-BCC commercialise autour de 15 millions de bouteilles par an, soit un peu plus de 5 % des expéditions totales de champagne.

Dans cet ensemble, Champagne Lanson constitue la locomotive du groupe avec probablement plus de quatre millions de bouteilles et une présence internationale historique. La maison réalise plus de 87 % de ses expéditions à l’export, notamment au Royaume-Uni.

Maison Burtin représente également un volume important du portefeuille, notamment dans l’élaboration de champagnes destinés à la grande distribution et à certaines marques partenaires. Chanoine Frères et la marque Tsarine occupent pour leur part une position significative dans la distribution européenne.

Les maisons Boizel, Philipponnat, de Venoge et Besserat de Bellefon se positionnent davantage sur les circuits traditionnels, la gastronomie et les cavistes, avec des volumes plus limités mais une forte valorisation. Installé aux Riceys, Alexandre Bonnet complète l’ensemble avec une approche centrée sur le vignoble et les vins de terroir.

Une stratégie clairement orientée vers la montée en gamme

Face à la hausse du prix du raisin et au coût croissant du financement des stocks, le groupe poursuit une stratégie de développement en valeur. Cette orientation passe notamment par le lancement de nouvelles cuvées haut de gamme, le renforcement de la reconnaissance œnologique de ses maisons et le développement de l’œnotourisme.

Le groupe insiste également sur une politique commerciale visant à renforcer les marchés export, tout en maintenant une présence sur le marché français, qui reste le premier débouché du champagne.

L’acquisition stratégique de Heidsieck & C° Monopole

L’un des faits marquants de l’année 2025 reste l’acquisition de la marque Heidsieck & C° Monopole, l’une des plus anciennes maisons de champagne, fondée en 1785.

La transaction, réalisée en deux étapes entre décembre 2025 et janvier 2026, représente 50 millions d’euros. Lanson-BCC voit dans cette opération un levier pour renforcer son portefeuille de marques patrimoniales à forte notoriété internationale.

La marque sera développée au sein de Maison Burtin, sans création d’infrastructure supplémentaire.

Un modèle économique fondé sur le vieillissement des vins

Le modèle économique du groupe repose sur des cycles longs. Au 31 décembre 2025, la valeur comptable du stock de vins de champagne atteint plus de 600 millions d’euros, représentant plus de cinq années de ventes.

La dette financière nette du groupe s’élève à 557,6 millions d’euros, largement adossée à ces stocks destinés au vieillissement.

2026 : reconquérir des volumes

Pour l’année 2026, Lanson-BCC affiche une priorité : regagner des volumes sur certains marchés tout en consolidant la rentabilité.

Le groupe entend s’appuyer sur la dynamique de ses marques, l’intégration de Heidsieck & C° Monopole et la relance de certaines cuvées pour renforcer son positionnement sur le segment des champagnes premium.

Dans un marché devenu plus exigeant, la stratégie reste inchangée : privilégier la valeur et capitaliser sur l’image de ses maisons.