
Dans une Champagne où la croissance reste difficile à trouver, Laurent-Perrier fait figure d’exception. Sur son exercice 2025-2026, clos au 31 mars, le groupe champenois affiche une progression de ses ventes, de son résultat opérationnel et de son bénéfice net, alors même que les expéditions mondiales de champagne ont poursuivi leur repli.
Le contraste mérite d’être souligné. Alors que le marché a reculé de 1,6 % en volume sur la période, Laurent-Perrier a enregistré une hausse de ses propres volumes de 3,8 %. Une performance qui lui permet de franchir le seuil des 294,8 millions d’euros de ventes de champagne, en progression de 4,2 % sur un an.
Cette évolution confirme la capacité du groupe à résister dans un environnement devenu plus complexe depuis plusieurs exercices. Inflation persistante sur certains marchés, ralentissement de la consommation, tensions géopolitiques ou encore incertitudes liées aux échanges internationaux continuent de peser sur les perspectives de nombreuses maisons.
Une stratégie qui privilégie la valeur
Depuis plusieurs années, Laurent-Perrier fait le choix de privilégier la valeur plutôt que la course aux volumes. Une stratégie qui continue de porter ses fruits.
Le résultat opérationnel atteint 76,1 millions d’euros, en hausse de 2,2 %. Certes, la marge opérationnelle s’effrite légèrement, passant de 26,3 % à 25,8 %, mais elle demeure parmi les plus élevées du secteur champenois.
Le résultat net part du groupe progresse quant à lui de 4,5 %, à 49,5 millions d’euros.
Pour Stéphane Dalyac, président du Directoire, cette performance repose sur la cohérence du modèle développé par le groupe : « Nous confirmons la résilience de notre modèle fondé sur la politique de valeur, permettant à nouveau le maintien d’un niveau de marge opérationnelle élevé. »
Derrière ces résultats se trouve un portefeuille de marques particulièrement complémentaire, allant de Laurent-Perrier à Salon en passant par Delamotte et Champagne de Castellane.
Un retour à une génération de trésorerie positive
L’exercice est également marqué par une nette amélioration de la situation financière.
Après un cash-flow opérationnel négatif de 11,2 millions d’euros en 2024-2025, le groupe affiche cette année un flux positif de 24,5 millions d’euros. Une évolution qui traduit à la fois la bonne tenue de l’activité et une gestion plus favorable du besoin en fonds de roulement.
L’endettement net recule ainsi à 207,9 millions d’euros contre 220,2 millions un an plus tôt. Dans le même temps, les capitaux propres atteignent près de 669 millions d’euros.
Pour autant, les stocks continuent de progresser et dépassent désormais les 700 millions d’euros. Une situation qui n’a rien d’anormal dans le champagne, où les vins doivent vieillir plusieurs années avant leur commercialisation et constituent un élément stratégique de la valeur des entreprises.
Dans le peloton de tête des maisons les plus rentables
À l’heure où plusieurs groupes du secteur voient leurs volumes ralentir ou leurs marges se tendre, Laurent-Perrier confirme sa place parmi les acteurs les plus rentables de la Champagne.
Le groupe familial, l’un des rares encore cotés en Bourse et exclusivement dédié au champagne, poursuit ainsi sa trajectoire sans remettre en cause ses fondamentaux : montée en gamme, maîtrise de la distribution et gestion de long terme.
Reste désormais à savoir si cette dynamique pourra se prolonger en 2026-2027. Si les signaux de consommation demeurent contrastés sur plusieurs marchés clés, Laurent-Perrier aborde ce nouvel exercice avec des indicateurs financiers solides et une rentabilité qui continue de faire référence dans la région.




