Pendant que certains marchés historiques du Champagne lèvent le pied, l’Afrique continue d’avancer. Pas à pas. Sans faire de bruit. Mais avec des chiffres qui attirent désormais l’attention des maisons comme du Comité Champagne.
En 2025, l’Afrique du Sud, premier marché du continent, a importé 1,48 million de bouteilles pour un chiffre d’affaires de 36,3 millions d’euros. Les volumes y progressent de 13,4 % en un an. Surtout, ils ont été multipliés par trois en quinze ans, avec une croissance moyenne de 9 % par an. Un rythme que bien des marchés matures aimeraient retrouver.
Mais la véritable surprise ne se trouve pas dans les volumes. Elle est dans les verres.
Quand le demi-sec fait mieux que l’extra-brut
En Europe, les consommateurs se passionnent pour les champagnes peu dosés, les extra-brut et les brut nature. En Afrique, les goûts racontent une autre histoire.
En Afrique du Sud, le brut représente certes 50,3 % des volumes. Mais le demi-sec pèse à lui seul 28,8 % du marché, soit plus de 426 000 bouteilles. Le sec ajoute encore 199 000 bouteilles, soit 13,4 % des expéditions. Au total, les champagnes plus dosés que le brut représentent plus de 43 % des volumes consommés dans le pays.
Un profil de consommation devenu presque atypique dans les grands marchés occidentaux.
Le Ghana préfère le rosé
Autre surprise : le Ghana.
Dans ce pays de 83 110 bouteilles importées en 2025 pour un chiffre d’affaires de 2,8 millions d’euros, le rosé est la catégorie numéro un. Avec 33 750 bouteilles, il représente 40,6 % des volumes, loin devant le brut à 33,3 %. Une singularité qui tranche avec la plupart des marchés mondiaux où le brut non millésimé règne sans partage.
La Côte d’Ivoire reste une locomotive
Avec 631 820 bouteilles expédiées et 14,6 millions d’euros de chiffre d’affaires, la Côte d’Ivoire demeure le deuxième grand marché africain du Champagne. Malgré un recul de 6 % en 2025, le pays reste largement au-dessus de sa moyenne historique de 425 000 bouteilles et conserve le seuil des 600 000 bouteilles franchi depuis 2021.
Le brut y domine largement avec plus de 458 000 bouteilles, soit près de 73 % des volumes.
Kinshasa s’invite parmi les grands marchés
La République démocratique du Congo confirme également sa montée en puissance.
Avec 360 932 bouteilles expédiées en 2025 et un chiffre d’affaires de près de 13 millions d’euros, le pays affiche une progression de 25,5 % en un an. Il devient ainsi le quatrième marché africain du Champagne et représente désormais près de 10 % des expéditions du continent.
Le Nigeria conserve toutefois sa place parmi les poids lourds africains avec 1,38 million de bouteilles expédiées et 37,8 millions d’euros de chiffre d’affaires, malgré un léger recul des volumes (-5,1 %).
Des marchés encore dominés par les grandes marques
Autre enseignement : la croissance africaine profite d’abord aux grandes maisons.
En Afrique du Sud, les marques internationales concentrent 96,6 % des volumes. Au Ghana, elles représentent encore 95,8 % des expéditions.
Les vignerons et petites structures restent donc largement absents de ces marchés où la notoriété des grandes signatures demeure un facteur déterminant.
Une croissance qui dépasse les seuls grands marchés
Derrière les locomotives, plusieurs pays affichent également des progressions remarquables.
Le Maroc grimpe de 37,3 % pour atteindre 278 619 bouteilles et plus de 7,1 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’Égypte progresse de 42,6 %. Le Ghana gagne 31 %. Le Kenya avance de 26 %, tandis que le Rwanda enregistre une hausse de plus de 30 %.
Ces volumes restent modestes à l’échelle mondiale. Pourtant, ils dessinent une tendance de fond que le Comité Champagne observe désormais avec attention.
(source Comité Champagne)




