
Les hygiènistes sont-ils de retour ! Avec la publication de l’expertise collective de l’Inserm* : « Réduction des dommages associés à la consommation d’alcool » (le rapport à lire ici), ça grogne en Champagne ! Déjà des voix à l’instar de celle du Champenois Vincent Léglantier, secrétaire général de l’Association Nationale des Élus de la Vigne et du Vins (ANEV), s’élèvent : « Pour le champagne par exemple, si on est obligé d’augmenter nos prix, nos clients les plus modestes risquent de se réfugier dans le prosecco par exemple. On va courir le risque de voir apparaître des trafics illégaux et parallèles, la rupture entre les plus aisés qui pourront continuer à s’acheter le vin de leurs choix et les plus humbles qui devront faire le choix du prix et une consommation en général qui ne baissera pas, mais qui se fera au détriment de la qualité » indique-t-il en ajoutant un autre argument de taille avec : « la mise en péril de notre filière et de ses 600 000 emplois déjà fragilisés par la crise Covid,et celle de la filière CHR et son million d’emplois qui devra répercuter les prix d’achat du vin sur table et donc voir une baisse conséquente de son chiffre d’affaires».
De fait, parmi les recommandations de l’Inserm, certaines il faut le reconnaître sont légèrement hallucinantes. Celles qui concernent le plus directement la filière vitivinicole vont faire bondir. Je vous en laisse juge :
– Instaurer un prix minimum des boissons alcoolisées en fonction du grammage d’alcool ;
– Création d’un fonds gouvernement abondé par les producteurs d’alcool pour financer la recherche et la prévention, à hauteur des dommages associés à l’alcool ;
– Restreindre les plages horaires de vente d’alcool, et le nombre de vendeurs agréés, sur la base d’un diagnostic local de problèmes en matière de sécurité ou de santé publique ;
– Modifier la loi Evin pour interdire la publicité dans les lieux publics et sur internet, ainsi que la publicité et les messages pro alcool sur les réseaux sociaux ;
– Mise en place d’un « mois sans alcool » ;
– Supprimer la notion de modération du message sanitaire ;
– Agrandir la taille des messages sanitaires ;
– Insérer des messages sur les risques sanitaires sur les emballages et la publicité avec changement tous les 6 mois ;
– Etiqueter les informations nutritionnelles, les repères de consommation, les ingrédients…
– Déclaration au ministère de la santé de l’ensemble des dépenses liées aux activités d’influence et de lobbying de la filière alcool.
*L’Institut national de la santé et de la recherche médicale





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