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« Osons ! » : le message de Maxime Toubart (président du SGV) à la filière Champagne

Lors de l’Assemblée générale du Syndicat général des vignerons de la Champagne (SGV), son président Maxime Toubart a livré un discours déterminé, appelant toute la filière à relever les nombreux défis auxquels elle est confrontée. À travers un mot d’ordre clair : « Osons ! », il a exhorté les vignerons à conjuguer leurs forces pour affronter les enjeux techniques, environnementaux, sociaux et économiques.

La flavescence dorée, priorité technique absolue

Dès l’ouverture de son intervention, Maxime Toubart a insisté sur la nécessité de lutter efficacement contre la flavescence dorée, qualifiée de « gros enjeu à tous, c’est indéniablement la lutte contre la flavescence dorée ». Il a rappelé que le SGV et le Comité Champagne ont mis en place des outils collectifs : « Organisation de la prospection volontaire, formation à la reconnaissance des symptômes, sensibilisation de nos partenaires, travail avec les pouvoirs publics pour étendre la Zone Délimitée et donc la prospection obligatoire, mise en place du déblocage pour arrachage sanitaire en relevant le plafond et en allongeant le délai de carence. »

Cependant, Maxime Toubart a mis en garde : « Ces outils collectifs ne serviront à rien si à votre échelle individuelle vous ne vous saisissez pas de ces dispositifs pour les appliquer sur le terrain. »

L’environnement : responsabilité individuelle et collective

Sur la question environnementale, le président a rappelé que l’objectif reste l’obtention de « 100 % des surfaces certifiées en 2030 », même s’il admet que « plusieurs d’entre vous s’amuseront de l’objectif » et qu’« il serait trop facile de s’arrêter à 1 chiffre. » Ce qui compte pour lui est « la trajectoire de progression » et « le mouvement que nous avons initié ».

Face au dérèglement climatique, il souligne : « Même si l’actualité a tendance à nous faire croire que ce n’est plus le sujet, le dérèglement climatique est bien là et il s’accélère. » Il a exhorté les vignerons à « apporter [leur] pierre « filière » à l’édifice commun porteur d’avenir pour les futures générations. »

Le défi social : un enjeu pour tous

Sur le terrain social, le SGV poursuivra et renforcera son action autour du plan « Ensemble pour les Vendanges ». Maxime Toubart rappelle que « c’est l’action individuelle de chacun et chacune d’entre vous, mes chers collègues, qui fera le résultat du collectif ». Il encourage à diffuser largement les bonnes pratiques et souligne : « Soyons attentifs et vigilants pour que les uns et les autres s’inscrivent dans le cadre qu’ensemble nous avons instauré. »

Des inquiétudes économiques pour l’avenir

Maxime Toubart n’a pas éludé la situation économique : 271 millions de bouteilles expédiées en 2024, un début d’année 2025 difficile, et une organisation commerciale mondiale déstabilisée. Il interroge : « Et si la filière champagne était finalement peu résiliente ? Et si nous pouvions nous faire éjecter de notre position de leader sur le marché des vins effervescents ? »Il poursuit : « Est-il possible que le succès nous ait aveuglés ? Que la rentabilité nous ait endormis ? Que le confort nous ait paralysés ? » Sans dramatiser, il invite la filière à se remettre en question.

C’est à ce moment de son discours que Maxime Toubart a lancé son message fort, en forme de cri du cœur collectif :« Osons ! Osons nous poser des questions. Osons regarder ce que les consommateurs d’aujourd’hui et ceux que nous pourrions avoir demain aimeraient consommer. […] Osons proposer de nouveaux moments de consommation. Osons porter de nouvelles façons d’apprécier le champagne. » Un appel à la créativité, à la modernisation, à l’adaptation de toute la filière pour préserver son leadership et sa singularité. « Nous avons un seul et bel objectif commun : produire et vendre du champagne ! Alors osons ! »

Une victoire sur la transmission du foncier

Parmi les satisfactions, Maxime Toubart salue « une belle victoire syndicale », avec « un abattement de 75 % sur [la] valeur jusqu’à 20 millions d’euros lors de la transmission » des vignes. Une avancée obtenue grâce au « travail collectif au syndicat mais aussi avec nos collègues de la CNAOC », et qui vise à « maintenir la pérennité des domaines viticoles familiaux. » Il rappelle : « La détention du foncier par le vignoble est une variable importante de nos équilibres interprofessionnels. »

Un appel vibrant à l’unité et à l’innovation

Enfin, Maxime Toubart a insisté sur la nécessité de préserver l’équilibre entre les individualités et le collectif : « Si je prends l’exemple d’un orchestre : chaque musicien y joue un instrument spécifique, avec son timbre, son rôle, son interprétation. Mais c’est en jouant ensemble, en harmonie, qu’ils créent la symphonie. »

« Osons collaborer, osons réfléchir ensemble car l’avenir sera ce que nous avons envie qu’il soit », a-t-il martelé, en s’adressant à « toute la filière : nous tous, vignerons et maisons ».