
Avec pour la toute première fois cette année, la présence de personnalités du Syndicat général des vignerons de la Champagne, le traditionnel petit-déjeuner des vendanges du cabinet de courtiers en vin de Champagne H2CLA* ,réunissant une grande partie des représentants des maisons de champagne, s’est déroulé dans une ambiance particulièrement conviviale. Ceci expliquant cela : « on a eu la chance d’avoir eu une belle récolte, tout le monde est serein » a souligné Reynald Leclaire du cabinet H2CLA. Une sérénité que l’on retrouve également dans les propos des deux présidents de l’interprofession. Ainsi Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons de la Champagne (SGV) a constaté avec bonheur : « Je crois qu’on a eu de la chance de vivre une année comme celle-ci après l’année passée. On cherchait du pourri, on a rien trouvé. C’était magnifique. Tout le monde est content, on avait besoin de cela pour faire une appellation importante. Cela remet de l’huile dans les rouages, on reconstitue la réserve. On bénéficie d’outils qui fonctionnent, et c’est tant mieux. Seul point noir : c’est la main-d’œuvre. Collectivement, c’est un sujet sur lequel il faut travailler ». Pour David Chatillon aussi, » la Champagne a eu beaucoup de chance ». Mais le président de l’Union des maisons de Champagne (UMC) rappelle : la Champagne ne mise pas que sur la chance. Elle se dote d’outils qui lui ont permis de traverser la séquence pénible de 2020/21 sans conséquence grave et sans faire appel à la solidarité nationale, la Champagne n’est pas accro aux subventions. Nous assumons nos responsabilités et savons nous remettre en question. C’est l’intelligence collective. Bien sûr, il y a eu le rendement, 12 000 kg par hectare, ensuite le crédit de déblocage, un dispositif simple, efficace et autonome. 900 vignerons pourront en bénéficier cette année, puis le relèvement exceptionnel du plafond de la réserve, 1 000 kg/ha, car on ne doit pas se priver d’un seul kilo de raisin de qualité. Sans oublier la feuille de route du Comité Champagne qui relève les défis de la production, régulation, la désirabilité et protection de l’appellation. Le travail fourni depuis le début de l’année a été remarquable ! C’est aussi ça le modèle champenois ».

En tant que directeur du Comité Champagne, Charles Goemere a mis également en avant l’avenir de la Champagne : « les défis sont colossaux, et l’un des plus importants défis est produire des raisins de qualité les plus respectueux de l’environnement », comme une formule de présentation pour nommer le nouveau directeur du pôle technique et environnement du Comité Champagne, Sébastien Debuisson qui remplacera Arnaud Descôtes à partir du mois de janvier prochain. D’ailleurs, ce dernier, connaissant son public, a ainsi résumé cette vendange bénie des dieux : « 2022 n’a pas été la chaude en Champagne, c’est 2018, 2015, 2020… 2022, c’est l’année la plus solaire que l’on ai jamais eue de janvier jusqu’au mois d’août, on a eu jusqu’à 30 % en plus d’ensoleillement. On a eu des vendanges précoces, mais pas tant que cela. On a évoqué le 15/20 août ce qui était impossible avec une floraison démarrée le 3 juin, et cela a été le 29 août. Au final, sur l’aspect technique et qualité, sur 24 ans en champagne je n’ai jamais vu cela ! Des raisins avec des équilibres différents avec une acidité plutôt faible, peu de malique et une moyenne des degrés aux alentours de 10, 5°. Bien sûr certains secteurs ont vendangé au-dessus de 11°. On verra dans quelques mois si l’on est face à beau millésime ou un très beau millésime ! ».
Le point people (©Michel Jolyot) :
*Cabinet Hagard, Leclaire, Lhopital et Associés


























