Comme tous les ans, le barème indicatif de la valeur vénale des terres élaboré par les Safer vient d’être publié en collaboration avec le Ministère de l’agriculture et publié au Journal officiel.

Selon les données et les analyses de la Safer, l’ensemble des vignobles champenois a été impacté par la crise sanitaire, tant en nombre de transactions, qu’en surface et en valeur. En Champagne, le marché se replie d’un quart en surface comme en valeur. La baisse de prix amorcée en 2019 (-3,9%) se poursuit à 1 102 000 €/ha -1,2% par rapport à 2019. Les difficultés d’exportation et la baisse de la consommation intérieure au profit d’autres vins effervescents (prosecco, cava) avaient fragilisé la filière. La crise sanitaire, qui a entraîné une chute de 20% des ventes de bouteilles, exacerbe la tendance, les Grands crus et Premiers crus restant toutefois relativement épargnés.

Marché des vignes en 2020 :  730 transactions ont été effectuées (-10,3% par rapport à 2019) pour 150 ha (-24,9% par rapport à 2019). 0,45% des surfaces en vignes ont été vendues

Marne : 1 200 000 €/ha -1% par rapport à 2019

Le retournement de tendance entraperçu l’année dernière se confirme. Le prix des vignes est globalement orienté à la baisse. Cette situation doit cependant être nuancée selon les secteurs. Si le prix des vignes classées en Grand Cru et Premier Cru reste ferme notamment sur la Montagne de Reims et la Grande Vallée, la baisse est beaucoup plus marquée sur des secteurs comme les Vallées de la Marne et de l’Ardre ou encore les Coteaux Sud d’Epernay. Dans ces secteurs non classés, les vignerons, échaudés par les conséquences économiques de la crise sanitaire, ne souhaitent plus acquérir de foncier. Le nombre de transactions y est en chute libre. Sur la Côte des Blancs, la baisse s’explique mécaniquement par un nombre de transactions beaucoup plus élevé en Premier Cru, traditionnellement moins cher que le Grand Cru. Enfin, hormis pour les Coteaux Sud d’Epernay, les prix se maintiennent dans la partie méridionale du département. Cette tendance s’explique essentiellement par la faiblesse de l’offre. Toujours présentes sur le marché, les Maisons de Champagne concentrent désormais leur attention sur les secteurs les plus cotés. Le marché foncier est essentiellement animé par certains récoltants-manipulants ayant su préserver leurs débouchés malgré la crise. Quant aux investisseurs, ils sont de plus en plus présents notamment par le biais d’opérateurs spécialisés dans le montage de groupements fonciers. Ceux-ci bénéficient d’un afflux de liquidités lié au souhait de leurs clients de sécuriser une partie de leur patrimoine dans cette période d’incertitude sanitaire et économique.

Si le prix des terres à vignes baisse partout dans le Marne de -3% à 7%, on peut noter que Grands crus et Premiers crus Montagne de Reims et Grande Vallée ont bénéficié d’une hausse de 7% à 1 152 000 €/ha. Soit dit, le prix de l’hectare sur la  Côte des Blancs malgré une baisse de 3% est en moyenne de 1 635 000 €/ha.

Côté marché : 610 transactions ont été effectuées sur 10 hectares. (stable par rapport à 2019).  0,41% des surfaces en vignes ont été vendues

Aisne : 856 800 €/ha Stable par rapport à 2019

Le prix des vignes axonaises se replie, dans le sillage de la diminution enregistrée en amont de la vallée de la Marne, dans le département voisin. Le marché, extrêmement réduit, enregistre une légère progression du nombre de transactions et des surfaces échangées.

Côté marché : 50 transactions ont été effectuées sur 10 hectares (stable par rapport à 2019)  0,44% des surfaces
en vignes ont été vendues

Aube :927 500 €/ha -3% par rapport à 2019

Secteur traditionnellement moins recherché que les Grands Crus et Premiers Crus, le vignoble de l’Aube subit les conséquences de la crise sanitaire. L’incertitude économique rend les opérateurs très prudents. Il en résulte une chute importante des transactions et une diminution sensible des prix. Seuls les secteurs de Montgueux et des Riceys parviennent à tirer leur épingle du jeu avec cependant une diminution de l’offre. Bien que globalement atone, le marché reste ponctuellement animé par certains récoltants ayant su préserver leurs débouchés malgré la crise. Les Maisons de Champagne ont suspendu leur activité foncière dans l’Aube. En revanche, comme dans la Marne, la part de marché détenue par les investisseurs tend à progresser.

Côté marché : 60 transactions ont été effectuées (stable par rapport à 2019) sur  30 ha (-1% par rapport à 2019). 0,4% des surfaces en vignes ont été vendues.
La Safer ne possède pas de données pour la Seine et Marne et la Haute-Marne.

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