Accueil APPELLATION Quand une marque de barbecues veut presque s’appeler Champagne

Quand une marque de barbecues veut presque s’appeler Champagne

Parfum, glace, produit alimentaire ou objet du quotidien : le nom Champagne ne peut pas être utilisé librement pour profiter de la réputation de l’appellation. Une nouvelle affaire vient de le rappeler, cette fois avec une marque destinée à des barbecues.

La société américaine Monument Grill LLC avait déposé en 2022 la marque « CHAMPAIGN » dans l’Union européenne pour des grils, barbecues, brûleurs à gaz et différents appareils de cuisson.

Le Comité Champagne s’y était opposé. En cause : la proximité entre « Champaign » et « Champagne », et le risque de voir cette dénomination profiter de la notoriété de l’appellation.

Une première décision défavorable

Le dossier n’a pourtant pas été tranché immédiatement en faveur du Comité Champagne.

En octobre 2023, la division d’opposition de l’EUIPO avait rejeté sa demande. Elle considérait notamment que les produits concernés, des appareils de cuisson et des barbecues, étaient trop éloignés du vin.

L’affaire a ensuite poursuivi son chemin devant l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO).

La chambre de recours a finalement donné raison au Comité Champagne dans une décision rendue le 24 août 2026.

« Champaign » trop proche de « Champagne »

Pour l’EUIPO, « Champaign » reste suffisamment proche de « Champagne » pour évoquer l’appellation dans l’esprit du public.

C’est là tout l’intérêt de cette affaire.

La protection du nom Champagne ne concerne pas seulement son utilisation à l’identique. Elle peut aussi viser des termes suffisamment proches lorsqu’ils sont susceptibles de créer une association avec l’appellation ou de profiter de son image.

Or Champagne bénéficie d’une réputation mondiale, construite autour du prestige, de la fête, de la qualité et d’un certain art de vivre.

Cette image ne peut donc pas être utilisée comme argument commercial par des produits sans lien avec l’appellation.

Une protection qui va bien au-delà du vin

Ce principe n’est pas nouveau. Le Comité Champagne intervient depuis longtemps lorsque le nom Champagne apparaît sur des parfums, des glaces, des produits alimentaires ou d’autres biens sans rapport avec le vin.

L’affaire « Champaign » apporte toutefois une nouvelle illustration de cette protection.

Cette fois, le mot « Champagne » n’était même pas repris à l’identique. Mais la proximité du terme choisi avec l’appellation a suffi à poser problème.

Une nouvelle victoire pour le Comité Champagne dans sa défense du nom. Et une nouvelle preuve que, même loin des bouteilles, Champagne reste une appellation particulièrement protégée.