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Tensions entre Franck Leroy , président de la Région Grand Est et la CGT Champagne autour des « vendanges de la honte

En Champagne, Franck Leroy et la CGT s’affrontent autour du spectre des « vendanges de la honte ». Les propos du président de la Région Grand Est ont été relayés dans la presse régionale, notamment par L’Union. Interrogé sur le risque de voir ressurgir un scandale similaire à celui de 2023 — marqué par des affaires de traite d’êtres humains —, il se veut rassurant : « Cette page, tout le monde fait en sorte qu’elle ne se rouvre pas. »

Il salue « le travail du Comité Champagne, de l’Union des maisons et de la quasi-totalité des professionnels ». Mais il insiste : « Ce qu’on a appelé les “vendanges de la honte” était le fait de quelques tristes individus isolés. Il ne faut pas salir toute la Champagne ! » Franck Leroy appelle à « l’unité » pour affronter les défis, comme les droits de douane américains. Puis il hausse le ton. Selon lui, la CGT Champagne se livre à un « concours de dénigrement » et « passe son temps à salir la profession ».

La riposte syndicale

La réponse est immédiate. Dans un communiqué publié ce week-end, l’UD CGT Champagne, l’UL CGT Épernay et l’intersyndicale des salariés du Champagne dénoncent des propos « mensongers, outranciers et diffamatoires ». Elles appellent à manifester lundi 1er septembre à 9 heures devant l’hôtel de la communauté de communes à Épernay, présidé par Franck Leroy. Une conférence de presse et des prises de parole sont prévues.

Les syndicats assurent que leur mobilisation vise au contraire à défendre une Champagne « plus propre, plus éthique », rappelant leur participation active au dispositif « Ensemble pour les vendanges » sous l’égide du préfet. Ils reprochent en revanche au président de Région d’avoir « brillé par son absence », sans « aucune proposition concrète » Ils pointent aussi des mesures jugées dérisoires, comme la mise en place de « poubelles spéciales vendanges » à proximité de campements illégaux. Exemple cité dans leur communiqué : un campement de fortune démantelé récemment avenue de Champagne à Épernay, à la suite d’un signalement de la CGT auprès de l’Inspection du travail. Un cas sensible, puisque le propriétaire concerné est présenté comme « un élu de la majorité sparnacienne ». « Alors en parlant de salir la Champagne !!! » lâchent les syndicats.

Un rendez-vous sous tension

La mobilisation de lundi servira aussi de rampe de lancement à la « Caravane CGT des vendanges 2025 », en présence de l’eurodéputé Anthony Smith. Au-delà des échanges vifs, l’enjeu reste le même : préserver l’image d’un vignoble inscrit au patrimoine mondial et garantir des vendanges exemplaires. Une responsabilité partagée, où chaque acteur de la filière est appelé à jouer son rôle.