La vigne affiche cette année une avance notable dans son développement phénologique. Si la pousse a été légèrement ralentie par la chute des températures la semaine dernière, les prévisions météorologiques annoncent un retour de conditions plus chaudes, propices à une nouvelle accélération. À ce jour, le cycle végétatif présente en moyenne une semaine d’avance par rapport à une année « normale » — une dynamique qui pourrait s’amplifier dans les jours à venir. La vigne devrait développer deux à trois nouvelles feuilles au cours des sept prochains jours. Dans les secteurs les plus précoces, les premières floraisons pourraient intervenir dès la fin du mois de mai, une échéance particulièrement précoce pour la région.
Cette avance se traduit concrètement dans les vignes. Le chardonnay affiche de 7 à 10 feuilles étalées selon les zones, tandis que le pinot noir en compte en moyenne 7 à 8, et le meunier, 6 à 7. Les boutons floraux sont encore agglomérés, mais leur évolution rapide laisse entrevoir un basculement prochain vers les stades de pleine floraison.
Ce développement rapide a déjà des incidences physiologiques visibles : des palissements du feuillage, principalement sur pinot noir, signalent une expression précoce de chlorose ferrique. Ce phénomène pourrait s’expliquer par une pousse particulièrement active sur un végétal dont les réserves en fer semblent plus faibles que les années précédentes.
Côté sanitaire, le risque mildiou reste modéré malgré l’apparition de premiers symptômes épars, alors que les conditions météo actuelles restent peu favorables à une forte pression épidémique. En revanche, l’oïdium fait l’objet d’une vigilance accrue. Des taches isolées ont été détectées sur feuilles dans certaines parcelles de chardonnay.
Enfin, si les pluies récentes du 9 mai dans le sud du Sézannais ont pu relancer l’incubation de certaines contaminations, aucun épisode pluvieux significatif n’est attendu d’ici à la fin de la semaine. Les viticulteurs sont donc invités à ajuster leurs stratégies de protection en fonction de cette météo favorable à la pousse, mais aussi à l’oïdium.
(source Comité Champagne)




