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Yann Munier, chef de caves du Champagne G.H. Mumm signe son premier Cordon Rouge

Récemment arrivé à la tête de la cave de la Maison Mumm, Yann Munier a vécu une étape marquante avec la réalisation de son tout premier assemblage de la cuvée Cordon Rouge, issu de la vendange 2024. Et pourtant, ce n’est pas un novice : fort de vingt vendanges en Champagne, il signe ici un premier millésime sous ses nouvelles couleurs, dans un contexte viticole particulièrement délicat.

« Ce premier assemblage chez Mumm, dans un contexte viticole aussi complexe, avait quelque chose de symbolique  », explique-t-il. La campagne a en effet été marquée par une forte pression sanitaire et des épisodes pluvieux intenses, notamment dans la Côte des Bar, durement touchée. « C’était un vrai challenge. L’Aube représente un tiers de nos pinots noirs, et les rendements y sont tombés autour de 3 000 kg/ha.  »

La maison Mumm, engagée dans une viticulture durable certifiée (VDC) sur ses vignobles en propre, a dû composer avec des rendements globalement faibles (6 000 kg/ha), et l’abandon total des herbicides a constitué un défi supplémentaire. Pour autant, les trois cépages ont montré un bel équilibre. Les meuniers en particulier se sont distingués par leur fraîcheur, en rupture avec les dernières années.

Dans cette dynamique, la maison a fait le choix de vinifier certaines vins sans fermentation malolactique afin de conserver toute la vivacité du millésime. Un exemple marquant : le Verzenay sans malo, destiné à entrer dans l’assemblage du futur RSRV Blanc de Noirs 2024.

Une dégustation de vins clairs riche en promesses

Cette dégustation de vins clairs a permis à Yann Munier et son équipe de valider les fondations du futur Cordon Rouge. L’assemblage final repose sur 38 % de pinot noir, 32 % de chardonnay et 30 % de meunier, fidèle à l’ADN fruité et frais de la cuvée. La part des vins de réserve a été portée à 35 %, dans la fourchette haute des pratiques de la maison. Les vins clairs dégustés, issus des différents crus de l’appellation, témoignent de la diversité des terroirs champenois :

Pinot noir de la Côte des Bar : arômes de fruits rouges, une bouche salivante, tendue, avec une belle acidité en finale. Destiné au Cordon Rouge, et partiellement mis en réserve.

Bouzy : structuré et droit, avec des notes d’agrume et de groseille. Intégré à l’assemblage du Cordon Rouge et également réservé pour les années futures.

Verzenay : maturité poussée, sans malo pour préserver fraîcheur et potentiel de garde. Une sélection destinée au futur RSRV Blanc de Noirs 2024, utilisée comme une épice dans l’assemblage.

Meunier de la Vallée de l’Ardre : profil gourmand, acidulé, avec des notes de pomme granny smith. Il viendra soutenir la fraîcheur du Cordon Rouge.

Chardonnay de Bethon : vin clair frais, fruité, avec fermentation malolactique faite. Idéal pour le brut de l’année.

Transmission, mémoire et nouveautés

Le tirage du Cordon Rouge a débuté mi-mars, après finalisation de l’assemblage en février. « On parle de plusieurs millions de cols. Il faut être sûr de son choix… c’est fait ! », sourit Yann Munier.

Lors de cette session, un moment de transmission s’est glissé dans la dégustation : un magnum de 2004, élaboré par Dominique Demarville, a été ouvert. Une madeleine de Proust qui rappelle le chemin parcouru et l’évolution du style maison.

Parmi les nouveautés, le RSRV Blancs de Noirs 2018, élaboré à partir de la parcelle historique de la maison, prendra la relève du 2014. Le RSRV 2016, quant à lui, devrait faire son apparition à l’automne prochain, confirmant la volonté de la maison de faire rayonner ses cuvées parcellaires les plus ambitieuses.