Le printemps s’installe en Champagne et avec lui, la vigne entre dans une nouvelle phase de développement Grâce au retour du soleil et à des températures plus clémentes, la végétation a clairement repris. Le stade « bourgeon dans le coton » est désormais majoritaire dans le vignoble champenois. Dans les secteurs tardifs, les écailles des bourgeons commencent tout juste à se soulever. À l’inverse, certaines parcelles précoces de chardonnay approchent déjà du stade de débourrement, qui pourrait être atteint d’ici la fin de semaine.
Le pinot noir et le meunier accusent un léger retard, comme souvent. Selon les estimations, leur débourrement est attendu entre les 12 et 14 avril. En moyenne, ce stade tombe traditionnellement autour du 13 avril sur la période 2014-2023. Pour cette année, une avance de deux à trois jours n’est pas à exclure, mais tout dépendra de l’évolution des températures, notamment autour des 3, 4 et 5 avril.
Mange-bourgeons : une surveillance ciblée
Les premiers suivis de terrain ont révélé une activité modérée des mange-bourgeons, avec quelques dégâts de boarmies signalés, notamment dans les parcelles de chardonnay. Certains secteurs atteignent le seuil de vigilance de 15 % de ceps touchés. Pour autant, la situation reste globalement sous contrôle, surtout si le développement végétatif se poursuit rapidement, limitant la période de sensibilité.
Le Comité Champagne recommande de baser toute intervention sur une observation rigoureuse, réalisée sur un échantillon de 100 ceps répartis au cœur des parcelles concernées. Les traitements généralisés à l’ensemble de l’exploitation sont à proscrire.
Flavescence dorée : priorité à l’arrachage
La lutte contre la flavescence dorée reste une priorité. La date limite officielle d’arrachage des ceps contaminés (flavescence dorée et bois noir) était fixée au 31 mars, mais les interventions restent possibles jusqu’au 30 avril. La DRAAF-SRAL, en collaboration avec le Comité Champagne, contrôle actuellement l’effectivité des arrachages. À ce jour, plus de 10 000 ceps FD recensés fin 2024 doivent encore être éliminés, représentant environ 17 hectares. Les exploitants concernés sont recontactés et les ceps rebalisés. La publication des arrêtés préfectoraux encadrant la lutte 2025 est attendue pour avril ou début mai.
Du côté du mildiou, les conditions actuelles – plutôt sèches – ne favorisent pas le développement rapide des formes hivernantes de conservation. Le suivi en laboratoire a commencé le 20 mars, avec des résultats attendus sous 5 à 6 jours en conditions contrôlées. À suivre dans les prochaines semaines.
(source Comité Champagne)



