
C’est la première de l’année en Champagne. Celle de l’Union Champagne ouvre traditionnellement le bal des assemblées générales des coopératives champenoises. Courant sur un exercice du 1 août 2021 au 31 juillet 2022, son bilan fait jubiler Dominique Babé, président de l’Union Champagne : « Ceci n’est que du bonheur ». Et de rappeler les aléas de la vendange 2021, annus horribilis pour mieux mettre en avant celle de 2022 : « Rêvée » en quantité, et ce sur tous les cépages.« Rêvée » en qualité avec des raisins superbes sans trace de pourriture grise, et un niveau de maturité optimisée et approuvée par la filière.Ceci laisse présager des tirages importants de bouteilles à haute valorisation : millésime, cuvée spéciale, grandes cuvées ». A quand la dernière récolte égale ou supérieure à 12 000 kg/ha ? Et bien en 2008, il y a 14 ans déjà ».
Malgré cet instant de grâce, Domnique Babé s’interroge : « les vendanges d’août deviennent monnaie courante. Alors que faire ou comment faire pour garantir la qualité des moûts et des vins clairs ? Les problèmes de main-d’œuvre sont-ils conjoncturels ou structurels ? Il serait irresponsable de faire la politique de l’autruche. Tout doit être mis sur la table pour mener à bien et au mieux des réflexions Je pèse mes mots, il y va de l’avenir de la filière. Peut-on faire encore évoluer notre système de réserve pour apporter une nouvelle garantie supplémentaire au vigneron ? On sait tous ici que le changement climatique peut-être cruel, voire sans pitié. Donc on se doit d’anticiper ».
Des facteurs favorables
Arrivé en milieu d’exercice après le départ de Marc Ferté (lire ici), Pierre Desanlis, directeur de l’Union Champagne fait le point : « Si l’exercice 2020/2021 faisait office de véritable performance en parvenant à maintenir un chiffre d’affaires à l’équilibre de 112 M€ dans un contexte commercial plombé par la pandémie COVID, avec une appellation considérablement réduite, il était légitime de s’attendre à constater une vraie progression du chiffre d’affaires 2021/2022 avec des indicateurs au vert tels qu’une appellation en progression pour les vendanges 2021 avec un rendement fixé à 10 000 kg/ha contre 8 400 kg en 2020 un prix de base du kilo en progression pour la vendange 2021 avec une augmentation de 2 % par rapport à 2020 ; enfin une demande forte de Champagne par les consommateurs. La conjonction de ces facteurs favorables pour le vignoble conduit à constater un chiffre d’affaires 2021/2022 atteignant 130 M€, soit une progression de 16 % du chiffre d’affaires global de l’Union Champagne ». Avec comme points forts : l’ajustement et la planification des volumes de cessions des vins sur lattes en améliorant le prix de cession et l’amélioration du positionnement commercial jusqu’à atteindre la barre des 1,2 million de bouteilles commercialisées. Côté chiffres ,lors de l’exercice 2021/2022, l’outil de production de l’Union Champagne a permis d’assurer :le tirage de 5 millions de bouteilles, le remuage de 7 millions de bouteilles, le dégorgement de 2 millions de bouteilles et l’habillage de 6 millions de bouteilles.
Liens avec les maisons
À une vendange de la signature du prochain contrat interprofessionnel, Pierre Desanlis a tenu à souligner le lien fort entretenu par la coopérative avec les plus belles maisons de la champagne, « au cours de l’exercice, 2021/2022 près de 930 ha (sur 1 400 ha) étaient engagés de manière pluriannuelle auprès d’une vingtaine de maisons » tout en rappelant : « Avec la crise COVID les vignerons ont consenti une baisse de 0,25 €/kg lors des vendanges 2020.Avec le rebond commercial début 2021, un rattrapage a été effectué sans retrouver le niveau de prix de 2019. Celui sera dépassé avec la vendange 2022. Il est important que nos raisins qui se retrouvent dans les plus belles cuvées des maisons bénéficient d’un juste partage de la valeur. Il est également nécessaire que les vignerons qui s’engagent dans le temps aient la certitude d’obtenir les meilleures conditions de la part de nos partenaires, sans quoi l’engagement dans la durée pourrait se trouver fragilisé ».
La marque de Saint-Gall
Pour Pierre Desanlis, l’activité commerciale de l’Union Champagne correspond en premier lieu aux bouteilles directement expédiées sous les marques de la coopérative ou de ses clients, soit 1,2 million de bouteilles en 2021/2022, mais doit également prendre en compte les ventes réalisées par les adhérents, soit 1,5 million en 2021/2022 : « si nous réunissons ces deux activités nous arrivons à un total bouteilles commercialisées de 2,7 millions soit un peu plus de 4 % du total des ventes de Champagne réalisées par le vignoble sur la même période (65 millions de bouteilles vignerons + coop du 1/08/21 au 31/07/22). Avec un peu plus de 1,5 million de bouteilles sur l’exercice, les reprises adhérents progressent de 13 % par rapport à l’exercice précédent. Rappelons-nous que le tirage 2021 s’était stabilisé à 1,4 million de bouteilles, si la dynamique commerciale se poursuit des réajustements seront nécessaires ». On peut noter les volumes de la marque « de Saint-Gall » ont atteint a ¼ des volumes commercialisés, une situation inédite et un bon de + 37 % par rapport à l’exercice précédent. Et Pierre Desanlis de mettre en avant la cuvée Orpale : » Placée tout en haut de notre gamme, Orpale a trouvé ses fidèles et suscite l’intérêt et la curiosité des consommateurs et de la presse. Positionné à 115 € en prix de vente public, l’engouement pour le millésime 2008 scelle l’entrée d’Orpale dans le cercle restreint des grandes cuvées de Champagne. La réédition du millésime 2002 en septembre 2022 témoigne de l’engouement de la presse et de la clientèle : les 2002 flacons en 0 dosage proposés à 150 € se sont arrachés en quelques semaines.Courant 2023, Orpale 2012 succédera à Orpale 2008. Gageons que la qualité de ce millésime ne devrait pas dénoter avec les précédents ».




