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Champagne 2026 : après le gel, une campagne encore suspendue à la météo

La campagne 2026 démarre sous tension en Champagne. Si la vigne affiche une avance végétative, les épisodes de gel du début de saison viennent déjà entamer le potentiel de récolte. Dans le même temps, la pression sanitaire reste contenue, laissant encore place à l’attentisme dans les décisions techniques.

Près de 40 % des bourgeons détruits

Le bilan des épisodes de gel est désormais établi à partir des remontées de terrain. À ce stade, les dégâts sont estimés à 38 % des bourgeons détruits, avec une marge d’incertitude de plus ou moins 3 %.

Les secteurs les plus touchés incluent notamment l’Axonais, la vallée de l’Ardre, la vallée de la Marne, le Barrois, le Massif de Saint-Thierry et le Perthois. D’autres zones ont également été affectées, mais dans une moindre mesure. Ce bilan reste provisoire, alors que de nouvelles nuits à risque ne sont pas exclues. Et ce jusqu’à la période des Saints de glace (11, 12 et 13 mai -Saint Mamert, Saint Pancrace, Saint Servais).

Une avance végétative d’environ dix jours

Sur le plan phénologique, la vigne poursuit son développement. En moyenne, un gain d’un à deux stades a été observé sur la dernière semaine.

Dans les secteurs les moins touchés, certaines parcelles de chardonnay atteignent le stade « 4 feuilles étalées ». Globalement, la végétation présente une avance d’environ dix jours par rapport à la moyenne décennale, avec des situations encore hétérogènes selon les parcelles et les cépages.

Mildiou : un risque faible à ce stade

La maturité des œufs d’hiver de mildiou a été confirmée début avril. Des précipitations localisées ont pu entraîner des contaminations primaires, mais dans des conditions de températures limitantes. À ce stade, le risque est jugé faible. Des symptômes sur feuilles pourraient apparaître entre fin avril et début mai, selon les conditions climatiques.

Oïdium : un potentiel élevé, une activité limitée

Le potentiel épidémique de l’oïdium est annoncé élevé en sortie d’hiver. Toutefois, les observations au vignoble font état de projections d’ascospores très faibles et localisées. Le déclenchement de la protection dépendra de l’évolution de la phénologie et des conditions météorologiques, notamment à partir des stades « 3 à 4 feuilles étalées ».

Flavescence dorée : des ceps encore en place

Malgré la date limite réglementaire fixée au 31 mars, près de 40 ceps atteints de flavescence dorée n’ont pas encore été arrachés. Ils sont répartis sur une trentaine de parcelles. Les exploitants concernés sont en cours de relance afin d’intervenir rapidement.

Une situation encore évolutive

À ce stade de la campagne, les observations mettent en évidence un potentiel partiellement affecté par le gel, une avance végétative marquée et une pression sanitaire limitée. Évidemment, l’évolution des conditions météorologiques dans les prochaines semaines sera déterminante pour la suite du cycle.