
Réunis le 9 avril à Épernay, les vignerons de Champagne ont été invités à faire preuve de lucidité. Lors de l’assemblée générale du Syndicat général des vignerons de la Champagne (SGV), son président, Maxime Toubart, a posé le cadre en évoquant « un seul impératif pour le vignoble et la filière : s’adapter aux ruptures ». Et Face aux « profondes ruptures que connaît le monde », il a mis en garde contre « les risques de l’immobilisme et de l’inaction », appelant le vignoble à se repositionner dans un environnement devenu plus incertain.
Un objectif loin de la situation actuelle
Le SGV fixe un cap : retrouver 300 millions de bouteilles commercialisées, dont 100 millions pour le vignoble. Un objectif qui tranche avec les niveaux actuels. En 2025, les vignerons ont expédié 51,3 millions de bouteilles, en recul de 4,5 %. La baisse touche à la fois la France (–5,0 %) et l’export (–2,6 %), avec une forte dépendance au marché domestique. Pour inverser la tendance, Maxime Toubart a appelé à « accélérer la diversification des marchés » et à « enrayer la baisse des ventes en France », en travaillant notamment sur « l’attractivité et la désirabilité du champagne ».
Maîtriser les coûts sans freiner l’innovation
Dans un contexte de tensions économiques, il a également insisté sur la nécessité de « mieux maîtriser les coûts de production », liée à la « raréfaction des ressources », tout en poursuivant les efforts d’innovation. Le président du SGV a par ailleurs invité la filière à « mieux analyser les mutations à l’œuvre en matière d’information et d’éducation », et à anticiper « le rôle croissant que jouera l’intelligence artificielle dans les choix des consommateurs ».
Le climat, une rupture durable
Enfin, il a souligné une « rupture majeure : celle du dérèglement climatique », appelant à adapter le vignoble, notamment par le rajeunissement des parcelles et le développement de solutions techniques adaptées.
Avec la présence de Thierry Breton, cette assemblée générale s’inscrivait dans un contexte plus large de transformations économiques et géopolitiques. Le message adressé au vignoble reste clair : entre recul des volumes et forte dépendance au marché français, l’adaptation n’est plus une option.



