Entrée chez Besserat de Bellefon il y a peine quelques semaines, Nathalie Doucet, nouvelle présidente de la maison (lire ici), est déjà comme imprégnée du style « Besserat ». De fait, son objectif est de « remettre Besserat de Bellefon sur le devant de la scène ! ».
C’est au Château des Archers, 22 de la rue Maurice Cerveaux à Épernay, dans cette demeure dont la décoration intérieure avait été refaite par le décorateur Maxime Old dans les années 30, que Nathalie Doucet accueille les visiteurs. Une demeure incroyable presque envoutante (on pourrait penser au château de Poudlard !) qui est dotée d’un dédale de caves (près de 15 km) tout aussi surprenant. Mais ce n’est pas tant son décor qui séduit que ses vins. Car la personnalité des champagnes Besserat de Bellefon est particulièrement intéressante. Bien sûr on pourrait réduire cette personnalité à ses bulles basse pression, 30 % plus fines, voire à son flacon emblématique, mais ce serait injuste puisque ce process ferait oublier d’une part, la qualité des approvisionnements, d’autre part, le talent du chef de caves, Cédric Thiébault.
Car c’est bien là que la magie opère. Elaborées sans fermentation malolactique, dosées entre 3 et 9 gr/l selon les assemblages et bases vendanges, bénéficiant de plus de cinq ans de vieillissement en moyenne, la gamme est composée de huit cuvées différentes. Juste ce qu’il faut ! Avec un Blanc de Blancs (ex-Cuvée des Moines) issus de six grands crus de la Côte des Blancs, élégant et précis, un Blanc de Noirs mettant en valeur les pinots noirs du nord et du sud de la Montagne de Reims, particulièrement aromatique, un brut sans année baptisé « Bleu Brut » qui rend honneur aux meuniers ( 50 %) du vignoble « maison ». À ce trio, il faut ajouter un millésime 2008 (j’ai eu un petit crush sur celui-là !), un rosé et un extra brut (millésime 2009 non revendiqué) dosé à 3 gr/l sans oublier le fameux flacon bleu B de B (lire ici), un assemblage (chardonnays, pinots noirs, meuniers) des millésimes 2008, 2009 et 2012 dosé à 6 gr/l bénéficiant d’un élevage sous-bois. Franchement, ce sont des vins séducteurs et séduisants qui méritent largement leur place dans le cercle des cuvées haut de gamme.
C’est désormais à Nathalie Doucet de mettre en avant toutes ses compétences (et elle en a !) pour affirmer l’individualité de la maison et, ce qui n’est pas simple actuellement, favoriser son essor commercial afin que Besserat de Bellefon redevienne cette marque iconique que l’on retrouvait dans les beaux lieux du monde.






