
Est-ce que trop d’infos tue l’info, et malgré cette interrogation journalistique, ne boudons pas notre plaisir ! Hier, la Maison Bollinger a reçu la presse pour une journée consacrée « au lancement des grands projets du bicentenaire du Champagne Bollinger« . Et d’ici à 2029, année du bicentenaire de la maison, des projets, il y en a ! Toutefois, et nettement plus proche, en ce jour du 29 septembre 2022, la maison a dévoilé un très jolie surprise : celle de la Côte aux Enfants Champagne issue du millésime 2012. Une cuvée au nom mythique, celui du fameux coteau champenois rouge Bollinger surnommé parfois « la Romanée Conti » de la Champagne.

La Côte aux enfants est indissociable du domaine Bollinger et de son histoire puisque au début du XXe siècle, alors que plus de 50 propriétaires se la partageaient. C’est Jacques Bollinger qui l’a patiemment reconstituée. Côté anecdote, on dit que sur cette colline abrupte est ainsi dénommée parce qu’autrefois les gamins d’Aÿ allaient y faire provision de sarments le jeudi. C’est désormais une belle parcelle champenoise de quatre hectares de pinots noirs bien placée sur les coteaux d’Aÿ au-dessus d’une veine crayeuse. Ces fameux vins d’Aÿ prisés par les cours royales au temps où l’effervescence n’existait pas… … Mais depuis, les bulles sont arrivées pour la plus grande gloire de la Champagne. « Nous avons décidé de créer un champagne à partir de cette cuvée mythique » explique Denis Bunner, chef de caves adjoint de la Maison Bollinger. Et l’idée était bonne, voire très bonne. Elaborée avec les pinots noirs de l’année 2012 du versant sud de la Côte aux Enfants (le versant nord étant réservé au vin rouge), la Côte aux Enfants en version Champagne est un vin magnifique, particulièrement élégant, à l’équilibre parfait et offrant un beau potentiel de garde. Une réussite ! Malheureusement pour les aficionados de la marque, il n’y en aura pas pour tout le monde. Seulement mille flacons (970 € la bouteille) ont été mis sur le marché.

Et amis amateurs de champagne, juste pour vous faire un peu saliver, à l’occasion de cette journée « presse », le dernier VVF (Vieilles Vignes Françaises) millésime 2013 a également été dégusté. Seulement pour l’histoire, voici retrouvé dans les annales, « Éloge des vieilles vignes françaises » : « Derrière les fenêtres de la maison qui domine Aÿ, les vieilles vignes françaises enlacent leur étrange feuillage en désordre. Le regard sur ces vignes porte aussi un autre regard sur le temps. Le temps de la Champagne avant les ravages du phylloxéra. Vignes plantées en foule, non greffées, pour lesquelles s’applique encore la méthode du provignage. Pour Bollinger, ces vignes témoignent de la tradition viticole du XIXe siècle ». Là aussi, il n’y en a pas pour tout le monde : la production du millésime 2013 de Vieilles Vignes Françaises est de 2477 bouteilles numérotées (2 100 € la bouteille).

En revanche, un peu plus « grand public », le dernier opus de la collection Bollinger PN a aussi été révélé. C’est la troisième édition de Bollinger PN, le champagne PN TX17 est un assemblage qui met en valeur les spécificités du terroir de Tauxières, cru principal de son assemblage (95 € la bouteille).
Donc pour en revenir au sujet principal, le Champagne Bollinger va commémorer son bicentenaire en 2029. Pour cette maison emblématique de la Champagne, il s’agit là d’une réelle gageure pour, comme le souligne Charles-Armand de Belenet, « continuer à œuvrer pour les deux cents ans à venir« . Et pour se faire, de nombreux projets sont en cours de réalisation avec comme feuille de route, trois axes sur lesquels évoluer : les hommes, la terre, les racines. Un joli triptyque dont je reparlerai certainement…




