Accueil MAISONS Harcèlement sexuel : réponse de Jean-Jacques Guiony (Moët Hennessy) au Financial Times

Harcèlement sexuel : réponse de Jean-Jacques Guiony (Moët Hennessy) au Financial Times

  • Hier le Financial Times révèle qu’une ancienne cadre de Moët Hennessy, Maria Gasparovic, a déposé plainte devant le conseil des prud’hommes de Paris contre son ancien employeur, filiale vins et spiritueux du groupe LVMH. Elle accuse l’entreprise de harcèlement sexuel, discrimination de genre et licenciement abusif, et réclame 1,3 million d’euros. Répondant à l’article du Financial Times  dont le titre peut être traduit ainsi : « L‘affaire de harcèlement sexuel chez Moët Hennessy met en lumière la culture de l’entreprise. Un lanceur d’alerte réclame 1,3 million d’euros », Jean-Jacques Guiony, PDG de Moët Hennesy vient d’adresser une note interne dont voici la teneur exacte :
  • « Chères équipes Moët Hennessy, Vous avez sans doute vu ou entendu parler d’un article du Financial Times au sujet de Moët Hennessy. Je le regrette profondément. Non seulement parce qu’il nuit à notre réputation, mais surtout parce que les accusations portées sont inacceptables.
    Je voudrais partager avec vous quelques éléments de contexte : Maria Gasparovic semble nourrir une profonde rancune à l’égard de Moët Hennessy, motivée par une ambition personnelle qui l’a conduite à croire qu’elle pouvait s’octroyer un poste qui n’existait pas à l’époque, et qui n’a finalement pas été ouvert pour des raisons budgétaires. À la suite de cette décision, son comportement a radicalement changé : elle a affirmé avoir été victime de discrimination sexiste, a tenu des propos et relayé des contenus pouvant être perçus comme du harcèlement, à l’encontre de collaborateurs comme de clients. En tant que membre du comité exécutif de la distribution, elle avait accès à des informations confidentielles, ainsi qu’à des données personnelles concernant certains collègues, auxquelles elle n’a pas appliqué les mesures de confidentialité requises. Dans la fonction qu’elle occupait, elle aurait dû déclarer certains éléments de sa situation personnelle et de ses relations au titre de conflits d’intérêts potentiels – cequ’elle n’a pas fait. Elle a contribué à créer un environnement de travail délétère, et Moët Hennessy n’a eu d’autre choix que de mettre fin à son contrat. Certains des faits mentionnés ci-dessus – notamment des menaces assimilables à du chantage – n’ont d’ailleurs été révélés qu’a posteriori. Plutôt que de contester cette décision devant la justice, elle a choisi de lancer une campagne médiatique. Moët Hennessy a alors été contraint de déposer une plainte en diffamation, au vu de la gravité et du caractère infondé des accusations formulées. En 2025, elle a finalement décidé d’intenter une action en justice contre la société au sujet de la rupture de son contrat. Moët Hennessy entend défendre ce dossier avec la plus grande fermeté.
  • En définitive, Maria Gasparovic a choisi d’exploiter une situation qu’elle avait elle-même provoquée — une situation fondée sur un agenda personnel, aujourd’hui utilisée pour tenter de justifier une demande d’indemnisation. Après l’échec de cette stratégie, elle a cherché à se prévaloir du statut de lanceuse d’alerte, détournant une fois encore des dispositifs conçus pour protéger, non pour manipuler. Ces agissements et attitudes envers notre entreprise tout comme envers certains collaborateurs étaient absolument contraires à nos valeurs. Ils se sont déroulés à l’écart de toute supervision et ont été facilités par la complaisance de certains, voire jusqu’à l’appui de certains à dessein.
    De tels agissements sont intolérables. Ceci est la raison de son départ. Concernant la place des femmes dans notre entreprise, je ne peux accepter les attaques formulées à l’encontre de mon prédécesseur, Philippe Schaus, dont le comportement a toujours été irréprochable dans l’ensemble de ses interactions. Philippe a consacré beaucoup de temps à ancrer une vision et des valeurs fondées sur l’équité. Il a joué un rôle déterminant dans la nomination de femmes à des postes clés qui siègent aujourd’hui au COMEX de Moët Hennessy, notamment la DRH du groupe, la présidente de Moët & Chandon, la directrice financière, ou encore la nouvelle présidente régionale pour l’Asie. Depuis 2020, nous avons atteint la parité entre les femmes et les hommes aux niveaux des exécutifs et des managers, passant de 45% à 50% en moins de cinq ans. Il a ainsi initié une véritable transformation culturelle au sein de Moët Hennessy, renforçant l’équité et la diversité dans l’ensemble de notre organisation.
    Un travail que j’entends poursuivre en tant que Président de Moët Hennessy.
    Jamais je ne tolèrerai de tels agissements. Comme vous, je crois en nos valeurs, et je n’accepterai pas qu’elles soient remises en question. La manière dont celles-ci ont été déformées dans la presse est non seulement regrettable, mais profondément injuste pour toutes celles et ceux qui, chaque jour, les incarnent avec sincérité et engagement. Je partage l’incompréhension que cela peut susciter parmi vous et votre sentiment face à une représentation des faits qui ne reflète ni notre réalité, ni notre culture. Je tiens à réaffirmer avec force l’engagement de Moët Hennessy à garantir un environnement de travail respectueux, inclusif et bienveillant pour chacune et chacun d’entre vous. »