La filière des vins et spiritueux tire la sonnette d’alarme. Confrontée à une chute de la consommation en France et à un effondrement des exportations, elle s’inquiète de nouvelles mesures fiscales envisagées dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).
Dans un communiqué commun, la Maison des Vins & Spiritueux (MVS), l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) et la Fédération nationale des boissons (FNB) dénoncent des pistes « alarmantes » dans un contexte déjà très fragile.
Une filière d’excellence qui vacille
Depuis soixante ans, la consommation de boissons alcoolisées en France a chuté de 60 %, et continue de reculer de 4 à 5 % chaque année. Dans le même temps, les marchés à l’export – notamment la Chine et les États-Unis – se ferment brutalement.
Résultat : des dizaines d’entreprises ferment leurs portes, les plans sociaux se multiplient, et plus de 600 000 emplois sont menacés dans tout l’écosystème. Des agriculteurs aux restaurateurs, en passant par les tonneliers, distillateurs, cavistes ou logisticiens, c’est toute une économie locale qui vacille.
Des mesures fiscales jugées inefficaces et punitives
La filière dénonce la répétition des attaques fiscales : prix minimum, hausse automatique des taxes indexée sur l’inflation, extension des contributions sociales à toutes les boissons alcoolisées ou encore taxe sur la publicité.
La MVS rappelle que la fiscalité est déjà particulièrement lourde : un spiritueux vendu 18 € en grande surface est constitué à 72 % de taxes, soit un peu plus de 13 €. Et selon les exemples étrangers cités dans le communiqué, ces politiques ne produisent pas les effets espérés. Au Royaume-Uni, au Portugal ou en Belgique, la hausse des taxes a entraîné une baisse des recettes fiscales, sans réduire la consommation nocive. Elle a, en revanche, encouragé le commerce transfrontalier et fragilisé les cafés, hôtels et restaurants.
Un appel à la stabilité
Les trois organisations demandent un statu quo fiscal et plaident pour une politique de stabilité et de visibilité. Soutenir la filière des vins et spiritueux et du CHR, rappellent-t-elles, c’est soutenir des emplois, des territoires et des savoir-faire uniques, tout en préservant un art de vivre et l’image de la France à l’international.
Elles rappellent également que les vins et spiritueux constituent le troisième poste excédentaire de la balance commerciale française, et participent pleinement au rayonnement économique et culturel du pays.




