Accueil Homme du vin « La résilience est assez phénoménale » (Jean-Pierre Cointreau, Champagne Gosset)

« La résilience est assez phénoménale » (Jean-Pierre Cointreau, Champagne Gosset)

©Leif Carlsson

Avec des chiffres toujours en positif, la Champagne retrouve la forme en termes d’expéditions. Ainsi dans la Maison Gosset, Jean-Pierre Cointreau, président du groupe familial Renaud-Cointreau-Iconic Nectars, également président de la Fédération Française des Spiritueux, s’en réjouit et témoigne de ce retour à des jours meilleurs.

Comment avez-vous vécu les périodes de confinement au sein de votre groupe ?

« Il faut se rappeler les complications du premier confinement, il a fallu s’organiser tout en privilégiant la solidarité en donnant ainsi tout notre matériel de protection à du personnel de sécurité. De plus, étant une entreprise de liqueurs, le groupe a également donné des milliers de litres d’alcool pour fabriquer du gel hydroalcoolique. Ensuite, il a fallu trouver les meilleures solutions pour s’adapter progressivement tout au long de l’année. Bien sûr, on a souffert sur le CHR, le travel retail, les compagnies aériennes et l’évènementiel. Pourtant on a pu constater que les consommateurs se lâchaient un peu, par exemple à Noël, ils se sont achetés des cuvées bien valorisées. Je pense que les gens ont un budget pour les fêtes qu’ils soient douze à table ou six et ils l’ont dépensé ».

Depuis le mois d’avril dernier, les expéditions de champagne repartent assez fortement, que pensez-vous ce phénomène ? 

« Après l’organisation de cette année difficile, il est vrai que la résilience est assez phénoménale en ce moment. Non seulement on voit comme tout le monde arriver une avalanche de commandes, ce qui nous réconforte, mais il faut savoir que même durant le temps de la pandémie, nous avons des importateurs qui ont vu leurs ventes locales augmentées. Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, mais je crois que règne un optimisme certain dans le profession des vins et spiritueux avec toutefois cette « petite » épée de Damoclès représentée par la situation géopolitique mondiale comme en Chine qui peuvent annihiler les efforts commerciaux. Soit dit, en Champagne si la bouteille reste un an de plus dans la cave, ce n’est pas dramatique ».

Qu’en est-il des marchés à l’exportation ?

« Certaines frontières sont encore fermées. Et la situation dans la plateforme asiatique est toujours inquiétante. Des pays comme Taiwan ou la Corée du sud qui ont été très efficaces dans la gestion du Covid, voient réapparaître des risques. Ainsi pour le groupe Vedrenne (liqueurs et sirops), mon importateur est basé à Shanghai, il a la responsabilité d’une partie l’Asie, il ne peut pas voyager, car s’il part il doit subir la quarantaine à l’aller et au retour. Chez Gosset, nous avons toujours eu une part forte sur la marché français, donc on continue à travailler sur les pays occidentaux. De plus, comme un certain nombre de nos flacons sont sur allocations à l’instar de la cuvée Douze ans d’âge ou celles de la gamme Célébris, si cela ne part pas dans un pays, cela partira sur un autre ».

Comment décririez-vous votre situation ? 

« On a eu à prendre des décisions, on a eu la chance de pouvoir les expliquer, que ce soit en interne ou vis-à-vis de nos importateurs, on a réussi à faire comprendre quels étaient nos impératifs, et on s’en sort plutôt bien puisque les résultats financiers de l’exercice passé vont être à la hauteur de ceux enregistrés en 2019. Evidemment avec moins de volume mais avec une rentabilité identique. Nous ne sommes pas les seuls en Champagne. Bien sûr il y a eu des aides de l’Etat moins de salons, moins d’invitations, moins de charges… En fait, le seul vrai problème, c’est encore et toujours l’augmentation du prix du kilo de raisins.  Cela été une année compliquée qui a posé beaucoup de questions, et un résultat final qui sera au-delà des espérances. Nous sommes beaucoup en Champagne à dire la même chose et à Cognac encore plus… »