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Liberté de bouchage en Champagne : un collectif de vignerons lance une pétition contre l’obligation de la coiffe

En réponse à une décision controversée des instances champenoises, quatre acteurs majeurs se mobilisent pour défendre la liberté de choix en matière de bouchage des vins de Champagne. Le collectif « Ça décoiffe », l’Association des Champagnes Biologiques, les Vignerons Indépendants de Champagne et la Confédération Paysanne s’unissent pour protéger ce qu’ils considèrent comme un droit fondamental : la liberté de choisir le type de bouchage le plus adapté à leurs vins.

Depuis décembre 2023, une réglementation de l’Union Européenne a permis aux producteurs de vins effervescents d’abandonner l’usage systématique de la coiffure, jusqu’à ce qu’ils soient obligatoires. Cette ouverture a offert aux vignerons champenois une opportunité d’innovation et de différenciation. Ainsi, de nombreuses bouteilles de champagne se sont dotées de bouchages alternatifs, tels que des bandelettes de papier, des ficelles ou encore des agrafes, des pratiques qui rappellent d’anciennes traditions et qui plaisent aux amateurs de champagne à l’international.

Modification du cahier des charges

Pourtant, le 26 septembre dernier, l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG) de l’AOC Champagne, représenté par le Syndicat Général des Vignerons, a entrepris une modification du cahier des charges pour rétablir l’obligation de la coiffure pour tous. les champagnes. Ce retour en arrière a provoqué une onde de choc parmi les producteurs adeptes des nouvelles alternatives. Le collectif « Ça décoiffe » dénonce non seulement une décision unilatérale, mais également une absence de dialogue. « Nous avons tenté de trouver un compromis avec le Syndicat pour éviter ce qui pourrait devenir un scandale médiatique, mais nos efforts sont restés sans réponse », regrettent les membres du collectif. La question de l’obligation de la coiffure soulève également des soupçons de conflit d’intérêts, selon le collectif. Le Syndicat Général des Vignerons, à l’origine de cette initiative, tire en effet une partie de ses revenus de la vente de coiffes aux petits vignerons. Cette activité pourrait expliquer, toujours d’après le collectif, l’insistance du Syndicat à imposer la coiffe.

Un appel à la mobilisation

Refusant cette nouvelle contrainte, le collectif appelle tous les vignerons et maisons de champagne partageant cette vision à se joindre à leur combat. La démarche est simple : chaque producteur désireux de conserver le libre choix du bouchage est invité à envoyer un courrier à l’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité) avant le 26 novembre 2024, date limite pour contester la modification du cahier des charges. Pour simplifier cette mobilisation, le collectif a mis en place un formulaire accessible en ligne. Le collectif espère ainsi faire résonner l’enjeu de cette bataille, qui va bien au-delà d’une question de coiffure : il s’agit, selon eux, de préserver la capacité d’innovation et d’indépendance des producteurs champenois face à une gestion jugée de plus en plus « hors-sol » de l’appellation.

Pour suivre le collectif « Ça décoiffe » :