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Moët Hennessy prévoit une réduction de 10 % de ses effectifs mondiaux, sans plan social

La filiale vins et spiritueux du groupe LVMH, Moët Hennessy, se prépare à ajuster sa masse salariale en supprimant entre 1 000 et 1 200 postes, selon des informations de La Lettre, confirmées par la société auprès de l’AFP. Cette réduction, qui représente environ 10 % des effectifs actuels, se ferait par le non-remplacement de départs et sans recours à un plan social.

Dans une vidéo préenregistrée adressée mercredi aux salariés, le président-directeur général Jean-Jacques Guiony, récemment nommé à la tête de Moët Hennessy, et son directeur général adjoint Alexandre Arnault, ont présenté cette réorganisation comme un retour progressif aux effectifs de 2019. La division, qui emploie actuellement quelque 9 400 personnes dans le monde, évoque une adaptation « essentiellement par la gestion de son turn-over naturel et le non-renouvellement de postes vacants ». 

Cette annonce intervient dans un contexte économique plus ardu pour le secteur. Après une période de forte croissance post-Covid, Moët Hennessy enregistre une nette contraction de son activité. Le chiffre d’affaires annuel 2024 de la division a reculé de 11 %, à 5,9 milliards d’euros. En Champagne, avec 61, 5 millions de bouteilles (contre 66,5 millions l’année précédente) vendues pour un chiffre d’affaires d’1 828,96 millions d’€, Moët Hennessy Champagne Services emploie 2 379 salariés en 2024.

LVMH voit ainsi sa branche vins et spiritueux suivre le mouvement de ralentissement qui touche l’ensemble du secteur. Le groupe a lui-même enregistré une baisse de 2 % de ses ventes au premier trimestre, à 20,3 milliards d’euros.

Cotation autonome 

Toutefois, l’affaire n’est pas finie, puisque un scénario se dessine : LVMH envisagerait une opération majeure qui pourrait redessiner les contours du géant du luxe. Depuis le début de l’année 2024, un scénario est activement étudié en interne – celui de la séparation de Moët Hennessy du reste du groupe. Première étape clé de cette éventuelle scission : le rachat par LVMH des 34 % de parts encore détenues par le britannique Diageo dans Moët Hennessy. Une opération facilitée par la récente chute de la valorisation de la branche vins et spiritueux, passée de 50 à environ 25 milliards d’euros. Ce désengagement de Diageo ouvrirait la voie à une cotation autonome de Moët Hennessy, probablement sur la place d’Amsterdam, dans le cadre d’un spin-off.

Ce projet s’inscrirait dans une stratégie de repositionnement plus large pour LVMH. Dans un contexte où les produits alcoolisés sont de plus en plus pointés du doigt, notamment dans les pays anglo-saxons où leur image tend à se rapprocher de celle du tabac, cette scission isolerait une activité perçue comme à risque. Un moyen, aussi, de recentrer la valorisation boursière du groupe sur ses segments les plus rentables et les plus valorisés : la mode et la maroquinerie.

Toujours sur ce scénario à terme, cette opération pourrait également marquer une nouvelle étape dans l’ascension d’Alexandre Arnault. Le fils de Bernard Arnault pourrait prendre la tête d’un groupe entièrement centré sur les vins et spiritueux, doté d’une gouvernance propre et d’une visibilité accrue sur les marchés internationaux.


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