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Nouveau multimillésime (2008/2009/2012) : ouverture sur le Clos du Moulin de la maison Cattier

Le Clos du Moulin à Chigny-les-Roses

 » Quand j’étais enfant, je regardais les travaux. Au début des années cinquante, quand mon père (Jean Cattier) l’a acheté, c’était un champ de bataille avec des talus et des fossés  » se souvient Jean-Jacques Cattier, » à l’époque, alors qu’on travaillait encore à la pioche et au tombereau tiré par des chevaux, mon père avait fait venir un bulldozer pour niveler le sol, c »était une vraie attraction dans le village « . Unissant le deux anciens clos, le Clos Allart et le Clos du Moulin et clos Allart ([propriétés d’Allart de Maisonneuve, officier du roi Louis XV qui fut l’un des premiers producteurs de champagne de Reims], ce « champ de bataille » est devenu l’un des clos les plus célèbres [et l’un des plus grands] de la Champagne. Quant au moulin ne le cherchez pas, il a été détruit lors de la Première Guerre mondiale !

Située à Chigny-les-Roses [Premier cru], à quelques mètres du champagne Cattier, le clos est l’un plus grands clos de la Champagne [2n 20 ha]. Si lors de son rachat, on y trouvait encore du meunier, la plantation est désormais « bicolore », chardonnays et pinots noirs.  C’est en 1951 que Jean Cattier réalise en 1951 sa première récolte qu’il vinifie séparément pour produire sa première cuvée baptisée « Clos du Moulin » dont les bouteilles seront commercialisées en 1955. Précurseur, il fait partie de ceux qui ont lancé la mode des « clos », (lire ci-dessous) bouteilles de prestiges s’il en est en Champagne.

Jean-Jacques Cattier et Alexandre Cattier.

Cinquante ans plus tard,  en 2005, son fils, Jean-Jacques et son petit-fils, Alexandre Cattier ont complété la gamme avec la création de la cuvée Clos du Moulin Brut Rosé Premier Cru.

Côté élaboration, le Clos du Moulin brut est d’une part, un assemblage de pinots noirs et de chardonnays (50/50 %), d’autre part, l’assemblage de trois millésimes. La production est limitée à la superficie de la parcelle du Clos du Moulin. Environ 15 000 bouteilles en blanc et 3 000 en rosé ainsi que quelques magnums sont produits les bonnes années uniquement, chaque bouteille étant numérotée. Si l’on pousse un peu plus loin dans la description de la cuvée, un nouveau packaging a dernièrement été créé avec une étiquette sérigraphiée inclue dans le corps de la bouteille apportant un aspect très lisse sur ce flacon mat.

Le Clos du Moulin ancienne et nouvelle version.

Côté dégustation, le dernier en date, le Clos du Moulin réunissant les années 2008, 2009 et 2012 vient d’être commercialisé, « On a fait l’impasse du 2010 et 2011 » précise Alexandre Cattier, président de la maison. Environ 60 % de l’année 2012 forme la base-vendange, 30 % proviennent de l’année 2009, 10 % de 2008. Peu dosé [5, 5gr/l], ce joli trio de vendanges permet d’apprécier un champagne suave fort aromatique tout en restant bien frais en fin de bouche (merci 2008 !). À noter, pour la plus grande fierté de ses élaborateurs, qu’il a reçu la note de 96/100 par Decanter.  Pour le rosé, la maison n’a pas encore lancé son prochain « millésime », on reste ainsi sur une base vendange 2007, 2009, 2009 (60 % chardonnays/40 % pinots noirs dont 13 % de vin rouge) mise en bouteille en 2010. Dosée à 6 gr/l, c’est une jolie gourmandise toute en rose cuivré complexe et parfumée.

*La maison Cattier est une maison familiale et indépendante, aujourd’hui dirigée par Alexandre Cattier, représentant la 13ème génération, propriétaire de vignes remontant à 1625. Basée à Chigny-les-Roses, elle exploite un vignoble de 50 hectares majoritairement classés Premier cru et situés au cœur de la Montagne de Reims. La maison élabore ses vins depuis 1916 et les premières bouteilles sont commercialisées dès 1918.

Prix : Clos du Moulin (106 €), Clos du Moulin Rosé (120 €)


 

Les clés du clos

Selon le Petit Robert, un clos est un terrain cultivé et fermé par des haies, des murs, des fossés. Produire une cuvée qui arbore la précieuse étiquette où est imprimé le mot « clos » n’est pas simple. Il faut déjà posséder la parcelle. On ne décrète pas la commercialisation d’un clos, il doit exister, être né, comme son nom l’indique « clos », figurer historiquement sur les registres parcellaires et obtenir l’accord de l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité). Ensuite, le pressurage doit être personnalisé. La déclaration de récolte doit être effectuée à part. « A part », c’est bien le maître mot du clos. Pourtant, on pourrait considérer le clos comme un intrus dans le monde champenois du sacro-saint assemblage puisqu’il ne peut-être réalisé qu’avec des vignes d’une même parcelle.

En majorité mono-cru, mono-cépage, le tout entouré d’un mur,  les clos ont toujours existé en Champagne, mais les raisins ne bénéficiaient pas  d’un traitement de faveur, ils étaient pressurés avec d’autres. Avec la notion de parcellaire de plus en plus en vogue dans les vignobles champenois, les clos sont devenus de vrais pépites pour qui sait les exploiter. Pour les maisons ou les récoltants-manipulants qui les produisent, il s’agit bien là d’une image de marque exceptionnelle  le plus souvent associée à un marketing très efficace s’appuyant principalement sur la rareté.