
La Champagne bouge. En plus de cinquante ans, l’aire d’appellation s’est transformé au fil du temps que cela soit en termes de surface, d’encépagement ou de rendements. Ainsi selon les analyses du Comité Champagne, la surface plantée en Champagne est en constante augmentation depuis les années 1950. Entre la fin des années 1950 et le milieu des années 1990, la surface plantée a quasiment été multipliée par 3 en passant d’environ 12 000 ha à plus de 30 000 ha.

Depuis 2010 la surface plantée évolue peu car elle se rapproche aujourd’hui de la surface totale pouvant être plantée sur l’aire d’appellation (34 300 ha). L’encépagement a tout de même évolué de manière significative au cours des 20 dernières années. La proportion de meunier a diminué de manière constante alors que la proportion de chardonnay a augmenté de 4 % depuis 2000. Ainsi on sait qu’aujourd’hui, le meunier et le chardonnay représentent respectivement 30 % et 31 % de la surface plantée. Le pinot noir, quant à lui, reste stable à 38 % de l’encépagement total depuis plus de 20 ans.

Rendements en baisse
Après une phase d’augmentation constante du début des années 1980 jusqu’au milieu des années 2000, les rendements agronomiques moyens diminuent significativement depuis une quinzaine d’années (-24 % depuis 2008). Cette diminution des rendements est liée à 2 facteurs principaux. D’une part le dépérissement global du vignoble et d’autre part l’évolution des pratiques viticoles vers des systèmes limitant la quantité d’intrants. Les 2 principales composantes du rendement sont le nombre de grappes par m2 et le poids moyen des grappes. On observe que la diminution des rendements agronomiques moyens dans le contexte champenois est liée à une diminution conjointe de ces 2 composantes. Toutefois, la diminution la plus significative est enregistrée sur le nombre de grappes par unité de surface, ce qui s’explique par des niveaux de vigueurs amoindris et une fertilité des bourgeons limitée. Le nombre de grappes au m2 explique à lui seul 75 % de la baisse des rendements observée ces 10 dernières années.

Fleuraison, les dates raccourcissent
Le changement des conditions météorologiques rencontrées en Champagne, notamment l’augmentation progressive des températures moyennes, a un impact significatif sur la phénologie de la vigne. L’effet sur la date de débourrement est principalement visible entre le début des années 1970 et la fin des années 1990 où la date moyenne a été avancée d’environ une semaine. La date moyenne de débourrement est relativement stable depuis une vingtaine d’années.
L’effet sur la date de pleine floraison est plus sensible, notamment sur les trente dernières années où la floraison de la vigne en Champagne a avancé d’environ 12 jours dans le calendrier. La date moyenne de début des vendanges suit une évolution encore plus marquée que la date de floraison. Elle a été avancée d’environ 20 jours depuis 1990.




