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Vendanges 2023 : « Oui, il faut y aller ! » selon Jean-Baptiste Lecaillon (chef de caves du Champagne Roederer)

« Il faut y aller ! Je commence mardi 5 septembre à Vertus ». A contrario de tout ce qui se dit actuellement en Champagne, Jean-Baptiste Lecaillon ne veut pas trop attendre. Le chef de caves de Roederer, également co-président de la commission technique du Comité Champagne, livre ainsi ses pensées sur la prochaine vendange dont le ban des dates sera publié demain. « Oui, il faut y aller. Tous les indicateurs montrent que nous sommes dans un millésime de nostalgie, un millésime des années 80/90. C’est l’inverse en termes de maturité que ceux des dernières années avec une maturité phénolique aromatique qui est là alors que le sucre et l’acidité pas vraiment ». Mais comme le souligne Jean-Baptiste Lecaillon, « avec une maturité phénolique, on peut cueillir 9, 5 degrés à l’instar des années 1995 et 1982 », qui rappelons-le, sont considérés comme de très jolis millésimes !

Bien sûr avec l’état sanitaire actuel, il va falloir trier, mais la question que se pose le chef de caves est encore loin de trouver une réponse  « on va trier oui, mais est-on capable de trier ? car nous réussirons la vendange au tri ». Et l’homme de l’art n’est pessimiste, « nous avons un joli potentiel de récolte, c’est une année à chardonnay. Ils sont magnifiques, moins gros quie les pinots qui, eux,vont aller tranquillement à la maturité, et c’est là qu’il faut trier ». 

Avec ce millésime qu’il prénomme le « Millésime XXL » et ses grappes de 200 grammes de moyenne, Jean-Baptiste Lecaillon reconnaît évidemment les difficultés inhérentes : « il y a la pourriture et le botrytis, mais il y en a toujours eu en champagne, de plus si les gens attendent le risque va être élevé avec la météo, et si cela s’enflamme, on repart comme en 2017. Toutefois par rapport à 2017, on n’a pas gelé et la floraison a été belle, le vignoble est homogène, et c’est un facteur de qualité cette année ». 

Veille du championnat du monde de Rugby, pour Jean-Baptiste Lecaillon, ce millésime, « est un millésime où il faut jouer collectif en étant sérieux. Un collectif entre les vignerons, les pressoirs, les vendangeurs et les prestataires. Il faut aussi aller vite que la machine ne s’enraye pas entre la cueillette et les pressoirs. cela va rentrer très vite, les citernes les enlèvements, C’est un millésime de rugbyman pour transformer l’essai et ce n’est pas gagné, car nous pouvons vite passer du mauvais côté, mais si on y arrive collectivement cela pourrait être un joli millésime pour la Champagne. C’est un beau match à jouer, mais l’équipe est bonne ! ».