Accueil Abonnés Vins clairs 2022 et projets du Champagne Lallier, comment allez-vous Dominique Demarville ?

Vins clairs 2022 et projets du Champagne Lallier, comment allez-vous Dominique Demarville ?

« 2022, une belle année pour les chefs de caves, avec cette telle diversité dans les vins, le choix sera facile ». Et comme c’est l’un des maîtres de l’art de la Champagne qui le dit, on veut bien le croire. Comme un chat se léchant les babines, Dominique Demarville, directeur de la Maison Lallier semble se délecter des futurs assemblages 2022 : « Aujourd’hui les vendanges sont plus précoces, mais on a le choix d’attendre et donc la chance d’aller un peu plus loin en fonction des cuvées que l’on souhaite élaborer et dans la précision des assemblages ».  Si comme on le sait déjà l’acidité était fluctuante selon les terroirs, le charnu, le fruit et la maturité étaient au rendez-vous. Sa première phase d’assemblage aura lieu au mois de mars, suivi d’une seconde en avril-mai, comme le souligne Dominique Demarville, « si je peux assembler le plus tard, mieux je me porte. Et ensuite nous tirerons au mois de juin ». Et avec treize échantillons de vins clairs à l’appui, Dominique Demarville fait ainsi la démonstration de cette si jolie vendange 2022.

Treize échantillons des trois cépages champenois provenant de la Marne et de l’Aube. De très jolis vins dont on retiendra particulièrement ce meunier d’une parcelle maison situé à  Cuis (Côte des Blancs), la Terre des Basses Vignes, « pour ce vin, nous avons travaillé avec des levures sélectionnées sur cette parcelle pour une fermentation complète. Cette crème de levure va forcément définir un certain style ». Et quel style ! Le vin est un enchantement, comme un meunier qui « chardonne », apportant le fruit et la fleur, le charnu et la finesse, le salin et une pointe d’acidité. Voilà de quoi créer une très belle cuvée parcellaire ! En coup de cœur, je retiendrai également un pinot noir de Celles-sur-Ources (15 % des approvisionnements de la Maison Lallier proviennent da la Côte des Bar), un chardonnay d’Aÿ généreux, un Chouilly exotique et un Mesnil-sur-Oger rare, parfumé et gras. Sans appliquer de dogme précis, Dominique Demarville explique : « En fonction de l’année, on fait plus plus ou moins de fermentation sans malolactique. En 2021 on a vinifié 10 % des vins sans malo, en 2022 on en a fait 30 % ».

Rachetée il y a trois ans par le groupe Campari, la Maison Lallier créée il y a plus d’un siècle doit déjà une belle seconde vie grâce à Francis Tribaut (lire ici). Avec les forces du groupe et sa puissance en termes de distribution dans le monde, nul doute que le Champagne Lallier va trouver encore nombre d’adeptes. Pourtant sur le million de bouteilles commercialisées à l’époque, seulement 650 000 sont désormais sur le marché. De fait, certaines bouteilles de la gamme (parfois vendus en GD) ont été supprimées laissant Lallier pour seule et unique marque à destination des cavistes et des restaurants. Une volonté du groupe pour mieux valoriser son champagne.  Et pour ce faire, les projets foisonnent. Agrandissement du site d’Oger (lire ici) pour une future cuverie et un chai d’ici 2024  puisqu’avec 175 fûts, la Maison Lallier travaille le bois. D’autres encore devraient les rejoindre ainsi que des foudres qui devraient être installés dans ce nouveau chai. Un circuit de visite dans les caves historiques de la maison à destination des distributeurs et l’accueil devrait également être rénovés (avec une vinothèque). Avec ce repositionnement très haut de gamme, une part export majoritaire de 75% en 2022, un vignoble en propre de désormais 18 ha sur les Premiers et Grands crus,  une cuvée de prestige baptisé Ouvrage à près de 150 euros, on sent bien que la volonté de la Maison Lallier est d’entrer dans le sein du cercle des belles pépites champenoises. À raison.