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VITACEAE, dans les coulisses des transmissions en Champagne

Œnologue de formation, passé par le négoce puis le courtage en vins, Philippe Petit a créé VITACEAE en 2016. Installé à Bezannes, il accompagne les cessions de vignes, d’exploitations et de parts de société. Avec une conviction : mieux vaut ouvrir le dossier lorsque l’on a encore le temps de choisir.

Tout est parti de demandes de vignerons. Leur propriétaire souhaitait vendre et ils cherchaient un investisseur prêt à acheter les parcelles en les laissant les exploiter. À l’époque, Philippe Petit était courtier en vins, après avoir travaillé dans des maisons de Champagne. Ces sollicitations lui ont donné l’idée de créer VITACEAE. Dix ans plus tard, il a arrêté le courtage pour se consacrer au cabinet. « La demande ne s’est pas démentie, et la méthode demeure inchangée : aucune annonce, aucune vitrine, une discrétion totale. »

Les dossiers que l’on repousse

Dans les familles en Champagne, on sait souvent que la question finira par se poser. Les enfants ont choisi une autre voie, personne ne reprendra l’exploitation, mais on attend encore. Puis la fatigue ou un problème de santé précipite la décision. « Ces situations n’ont rien de théorique : chacun les connaît dans les villages, et elles se présentent presque toujours trop tard », constate Philippe Petit.

Il insiste sur le temps nécessaire pour préparer les choses : « Une transmission préparée trois à cinq ans en amont n’a rien de commun avec une cession décidée dans l’urgence. »

La difficulté vient parfois d’une indivision qui s’est élargie au fil des successions. À mesure que les héritiers deviennent plus nombreux et s’éloignent de la vigne, les décisions se compliquent. Les GFA, groupements fonciers agricoles, peuvent eux aussi se retrouver dans une impasse. Certains porteurs de parts souhaitent récupérer leur capital, sans qu’un proche ait les moyens ou l’envie de les racheter. « Le groupement qui avait tout organisé il y a quarante ans devient lui-même la difficulté. »

Autre cas fréquent : celui d’un propriétaire qui souhaite vendre ses vignes louées. Le fermier s’inquiète pour la suite, le bailleur veut mener son projet à bien. Il faut tenir compte de chacun et préserver leur relation. « Ces dossiers appellent du discernement davantage que de la publicité. »

Trouver le bon interlocuteur

Avant de chercher un acquéreur, Philippe Petit prend connaissance du dossier. « J’écoute d’abord. J’examine le dossier tel qu’il est — les vignes, les baux, la société, la famille — et j’en établis la valeur, chiffres à l’appui. »

Les acheteurs potentiels sont de profils différents : des exploitants qui veulent s’agrandir, des maisons, des familles ou des investisseurs de long terme. Encore faut-il trouver celui dont le projet correspond à la situation. Le cabinet vérifie sa capacité financière et l’origine des fonds avant de faire avancer l’opération.

Le travail se fait sans annonce et avec des échanges limités aux interlocuteurs concernés. Philippe Petit connaît le poids des conversations dans les villages : « La rumeur d’une vente cause souvent plus de dommages que la vente elle-même. »

Cette confidentialité n’écarte aucune formalité. La vente est signée chez le notaire, notifiée et déclarée. « La discrétion porte sur le chemin, jamais sur l’aboutissement », résume-t-il.

Il s’appuie sur les notaires, experts-comptables et avocats des parties, avec une répartition claire des responsabilités. « Je ne délivre ni conseil juridique, ni conseil fiscal : chacun son rôle. Le mien est de conduire l’opération de bout en bout, jusqu’à la signature. »

Pour Philippe Petit, la réflexion commence bien avant la décision de vendre. Même lorsque la transmission paraît lointaine, en parler permet de préciser les attentes de chacun. « C’est lorsque rien ne presse que l’on prépare le mieux. »

VITACEAE — Philippe Petit, 8 rue Jules Méline, 51430 Bezannes-Reims. www.vitaceae.frcontact@vitaceae.fr