
Trois ans. À l’échelle de la Champagne, c’est peu. Mais pour un atelier artisanal, c’est déjà une trajectoire qui s’affirme.
À Fleury-la-Rivière, la Tonnellerie des Cinq Chênes profite de cet anniversaire pour ouvrir ses portes et, au passage, rappeler une évidence trop souvent reléguée au second plan : le contenant façonne le vin. Pas seulement à la marge, mais dans sa structure, son rythme, sa tenue dans le temps.
Le bois, outil technique avant d’être signature
Derrière l’atelier, Johan Zasada. Un parcours atypique, construit entre formation en chimie du vin et pratique de l’élevage sous bois, avant de se tourner vers la tonnellerie. Une bascule qui dit déjà beaucoup : ici, le fût n’est pas un objet, c’est un outil.
Chaque pièce est pensée en fonction d’un vin, d’un cépage, d’un objectif d’élevage. Le choix du merrain, son séchage naturel, la finesse du grain, puis la chauffe — réalisée au feu de bois — ne relèvent pas d’un protocole figé. Ils s’ajustent. Ils se discutent. Ils se testent.
Cette logique sur mesure tranche avec les approches plus standardisées. Elle implique du temps, des essais, parfois des corrections. Mais, elle permet surtout d’éviter l’écueil classique : un bois qui impose sa marque au lieu d’accompagner le vin.
Une Champagne en quête de précision
Si la tonnellerie reste un métier discret, son rôle s’est renforcé ces dernières années. La Champagne évolue. Les élevages se diversifient. Les vignerons cherchent plus de texture, plus de profondeur, parfois plus de liberté dans les vinifications.
Dans ce contexte, le fût devient un levier. À condition d’être maîtrisé.
C’est là que des structures comme la Tonnellerie des Cinq Chênes trouvent leur place. En travaillant en lien direct avec les vignerons et les chefs de cave, en ajustant les profils de chauffe, en affinant les choix de bois, elles participent à une forme de précision technique qui dépasse la simple fourniture de contenants.
Montrer plutôt que raconter
La journée organisée pour les trois ans de l’atelier s’inscrit dans cette logique. Il ne s’agit de célébrer, mais aussi d’expliquer.
Voir un fût se fabriquer. Comprendre les étapes. Mettre en regard les choix techniques et leurs conséquences dans le verre. Les dégustations de vins élevés sous bois ne viennent pas illustrer un discours, elles le prolongent.
Les masterclasses, les ateliers pratiques, les échanges avec les professionnels présents participent à cette même idée : rendre lisible un savoir-faire qui reste souvent abstrait, y compris pour une partie de la filière.
L’évènement est gratuit et sur inscription avant le 5 avril sur Weezevent.fr : La tonnellerie des cinq chênes fête ses 3 ans !




