La petite série sur les témoignages de vigneron champenois en pleine période de confinement (lire ici le premier) se poursuit.  Ainsi ces viticulteurs décrivent  leur mode de vie en ces périodes moroses et compliquées, ils évoquent également leurs pensées, leurs angoisses et leurs espérances. Voici le récit d’Olivier Bonville (champagne Franck Bonville) installé sur la Côte des Blancs.

À Avize, la journée du vigneron confiné se passe  plutôt au grand air, seul évidemment , mais pas entre 4 murs comme pour la plupart de la population. Pour ne pas déroger aux consignes de sécurité du travail en entreprise, nous mettons tout notre personnel au travail de la vigne. Chacun dans des parcelles définies, les travaux de taille et de liage se sont terminés avec un peu d’avance par rapport au autre années. En effet hors de question de venir passer du temps en cave et à l’habillage. Puis après un renouvellement de 15 jours, nous continuons au vignoble les travaux de réparations et de travail du sol. Le temps nous aide heureusement. La mise en chômage partiel pour les équipes de vignes est reculée.
Quelques taches   comme le tirage , le dégorgement ou l’habillage ont été reportées .Si le confinement persiste cela deviendra plus problématique pour l’organisation du travail. Nous allons planifier des travaux d’entretien de matériel et des bâtiments dans la mesure de nos possibilités et de nos compétence mais vivement l’ébourgeonnage.
Quand au personnel de bureau nous avons mis une permanence d’une personne par jour , le télétravail est possible par échanges de mail mais impossible pour gérer la clientèle au téléphone et assurer quelques expéditions encore envisageables.
Nous discutons avec les employés. L’employeur peut faire un geste (maintien de la rémunération, l’état accompagne par des indemnisations de chômage partiel, le salarié de bureau peut prendre quelques jours de congés bienvenus..) il faut que tout le monde participe !!
Quand aux ventes, c’est le point mort, les commandes prêtes restent en « stand by » dans les celliers et les trésoreries commencent à ce tendre après le versement des salaires de mars.
Nous allons connaître à court terme en mai, juin et juillet des difficultés. Même si les ventes reprennent avant l’été, les rentrées principales de trésorerie pourraient arriver à la fin de l’été . Les banques devront prendre le relais en attendant et des mesures annoncées par nos principaux partenaires financiers sont assez rassurantes dans ce sens.
Peut être sommes nous pas le secteur le plus exposé il reste cependant certain que les la suppression des événements festifs aurons une incidence sur les volumes de champagne consommés en 2020 et que la reprise ( quand elle interviendra) ne compensera certainement pas les volumes perdus “.

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