Publier une interview, c’est aussi ouvrir la voie à des prises de parole. Après la mise en ligne, le 17 décembre 2025, de l’entretien avec Stéphane Baschiera sur La Champagne de Sophie Claeys (lire ici), j’ai reçu un document de quatre pages émanant de la CGT Champagne. Un document que d’autres ont reçu également. Mais, dans le message accompagnant cet envoi, le syndicat indiquait que ce texte faisait suite à l’interview, apportant sa lecture et ses points de vigilance sur plusieurs sujets abordés.

Dans cet entretien, Stéphane Baschiera livrait une analyse des choix opérés par la filière depuis la sortie de la crise sanitaire. Il y évoquait notamment la hausse généralisée des coûts, la stratégie de montée en gamme, la gestion collective des rendements, la question des stocks. Il évoquait aussi la nécessité, selon lui, de faire évoluer certains fondamentaux du modèle champenois afin de préserver la compétitivité de l’appellation dans un environnement international en mutation.
Une réaction syndicale à plusieurs points
Dans le document adressé, la CGT Champagne exprime ses désaccords avec plusieurs analyses développées dans l’interview. Le syndicat conteste notamment les pistes évoquées en matière d’organisation du travail, de convention collective, de mécanisation des vendanges et, plus largement, les leviers proposés pour contenir la hausse des coûts de production.
La CGT réaffirme son attachement au modèle social champenois, qu’elle considère comme un pilier de l’identité de la filière et un facteur indissociable de la qualité des vins produits. Elle insiste sur le rôle central des salariés dans la création de valeur et met en garde contre toute évolution susceptible, selon elle, de fragiliser les conditions de travail ou de remettre en cause des acquis sociaux historiques.
Un débat révélateur des enjeux actuels de la filière
Cette séquence met en lumière les débats qui traversent aujourd’hui la Champagne, confrontée à un ralentissement des volumes, à une concurrence accrue des effervescents alternatifs et à une hausse durable des coûts à tous les niveaux de la chaîne de production. Entre impératifs économiques, contraintes structurelles et enjeux sociaux, les visions divergent quant aux adaptations nécessaires du modèle champenois. Le document transmis à la suite de l’interview a également été publié sur le site du syndicat le 9 janvier, toutefois sans référence explicite à l’entretien ni à sa publication.




