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Bouteilles de champagne : les coiffer ou ne pas les coiffer, telle est la question !

Ah, la coiffe de Champagne ! Ce petit bout de métal qui a pris une place si grande dans la vie des vignerons et maisons en Champagne, car  voyez-vous, autrefois, dès 1850, cette élégante coiffe métallique n’était qu’un humble moyen de garder le bouchon bien au chaud et le goulot au sec. Une sorte de petit chapeau pour bouteille, indiquant que ce que vous vous apprêtiez à boire n’était pas du petit lait, mais bien du vin à la hauteur de sa réputation.

Mais voilà que juin 2023 a marqué l’entrée en scène de l’Union européenne décidant avec la légèreté d’une bulle de champagne que la coiffe, bien que chic, ne serait plus de rigueur. Les producteurs peuvent maintenant choisir de décoiffer leurs bouteilles, sauf si, bien sûr, leur AOC leur murmure à l’oreille que c’est obligatoire (lire ici). Et c’est là que le Syndicat général des vignerons de la Champagne a décidé de voter mardi dernier pour garder ce symbole d’image et de  qualité au-dessus de chaque bouchon champenois.

Mais tout le monde ne s’accorde pas :  le tout nouveau collectif « Ça décoiffe en Champagne »** fait entendre sa voix par le biais d’un communiqué. Ces vignerons souhaitent marier innovation et tradition. Pourquoi s’encombrer de métal quand des alternatives plus écologiques et économiques, telles que bandelettes et agrafes, pourraient faire l’affaire ? ils pointent également du doigt la sensibilité de la chaîne d’approvisionnement qui, en ces temps agités, pourrait bien leur jouer des tours.

Face à des études affirmant que la coiffe est l’emblème indétrônable du Champagne, ces vignerons répondent que l’âme du Champagne ne réside pas dans son couvre-chef, mais bien dans la qualité de son terroir et le labeur de ses producteurs Dans une démarche de concertation, ce groupe de vignerons, qui a choisi des méthodes d’emballage alternatives à la coiffe traditionnelle pour leurs bouteilles de Champagne, a également impliqué l’INAO, les douanes, les préfets et le ministre de l’Agriculture dans cette conversation. Leur demande ? Reconsidérer l’inscription de l’utilisation obligatoire de la coiffe au cahier des charges de l’AOP Champagne.

« La liberté de choix »

Face à une étude consommateurs réalisée par l’ODG, affirmant que la coiffe est un élément d’identification important pour le Champagne, les membres du collectif répliquent que l’identité et la réputation du Champagne résident d’abord dans sa qualité, ses terroirs et le travail des vignerons. Adeline Bonnet, porte-parole du collectif, a souligné lors de leurs échanges avec l’ODG que « pour une fois que l’Europe nous laisse la liberté de choix, il serait dommage que nos propres instances nous imposent une contrainte qui pourrait affecter notre capacité à vendre nos produits. » Olivier Horiot, également porte-parole, exprime son espoir de voir l’ODG et l’INAO répondre positivement à leur appel pour la diversité dans le packaging, reflétant l’esprit d’innovation et de liberté de choix qui a récemment été salué lors de l’inclusion des Vignes semi-larges (VSL) dans le cahier des charges de l’AOP.

Pour l’heure, le collectif encourage ses confrères à profiter de la liberté d’emballage qui leur est encore offerte, tout en restant attentifs aux décisions à venir. Ils souhaitent ainsi mettre en avant une approche plus souple et ouverte, qui pourrait s’aligner sur les besoins et la réalité actuelle des vignerons, sans pour autant renier les traditions qui font la renommée de la Champagne. « Nous ne voulons pas abolir la coiffe, nous voulons juste la liberté de ne pas en mettre, » conclut la missive.

Il reste encore à l’INAO à se prononcer sur la demande de modification du cahier des charges.

*pour le le collectif « Ça décoiffe en Champagne«  :Adeline BONNET, Alexandre LAMBLOT, Alexandre GRIMEE, Antoine CHEVALIER, Arthur LARMANDIER, Aurore CASANOVA, Clément PICONNET, Elise DECHANNES, Emeline de SLOOVERE, Eric COLLINET, Jacky CHAPUT, Léna TAILLET, Marie-Laure KOWAL, Olivier HORIOT, Salomé FONTAINE-GARCIA, Tom GAUDITIABOIS, Vincent CUILLIER
Pour la Fédération des Vignerons Indépendants de Champagne, la présidente: Christine SEVILLANO. Pour l’Association des Champagnes Biologique,sle président: Jérome BOURGEOIS