
Il y aura-t-il du champagne servi lors du couronnement de Charles III ? La question peut se poser. Si les maisons Moët & Chandon et Bollinger ont créé une cuvée spéciale « coronation », et si nos amis britanniques sont particulièrement amateurs du vin des rois en représentant le deuxième marché à l’exportation de l’appellation (28,1 millions de bouteilles pour 549 millions d’euros (+9,5 %) en 2022, le plus haut niveau depuis 2007 à 542,3 millions d’euros), il n’est pas si sûr que leur roi en consomme pour célébrer son sacre. De fait, si depuis des générations de Windsor, le champagne est à la table de nombreux évènements royaux britanniques, l’arrivée de ce roi « nouvelle » génération, qui privilégie les produits locaux, peut changer ce protocole festif.
Avec ce petit rappel historique, ce serait Madame Pommery et Joseph Perrier, au XIXe siècle, qui s’attirent les faveurs de la Reine Victoria qui réservait pour ses moments intimes des magnums de Perrier-Jouët 1857 zéro dosage. Son fils, Édouard VII, affichait une nette préférence pour Bollinger, le roi aimait aussi beaucoup Pol Roger, dont une cuvée 1892 fut servie au banquet de ses funérailles. Pol Roger qui fut servi également lors du mariage du prince Harry ou du prince William et à celui d’Eugénie d’York (petite fille d’Élisabeth II) avec Jack Brooksbank. Toutefois aucune maison portant le Royal Warrant * ne peut se targuer d’être l’unique et le seul champagne d’un évènement. À l’inverse des simples mortels, les rois et reines offrent plusieurs réceptions à leurs illustres hôtes. Ainsi pour la réception privée de la Reine Élisabeth II en l’honneur du mariage du Prince Charles et de Lady Diana, c’est du Krug 1969 qui a été servi au déjeuner. Et du Dom Pérignon 1961 aux invités à la réception officielle du mariage à la sortie de Saint-Paul. Le Bollinger RD 1973 a été réservé pour la soirée de gala qui s’est tenue au Palais de Buckingham consacrée aux chefs d’État, avant le mariage. Pas de jaloux ! De plus faut-il le noter ce même Prince de Galles a accordé son royal warrant à une unique maison, le Champagne Laurent-Perrier.
Mais ça, c’était avant ! Avant que les Anglais décident de se lancer dans la production et la commercialisation de sparkling-wine. L’éclosion récente de ces vins amène donc d’autres possibilités pour les royaux. Ainsi des caisses de vin mousseux Camel Valley (Cornouailles) auraient été livrées à deux adresses royales à Londres. Nombre de marques représentées par des sujets de sa majesté, à l’instar de Ridgeview ou Chapel Down, Rathfinny ou Gusbourne…, peuvent également nommées. Et pourquoi pas pour rester un peu chauvin et ainsi ménager la chèvre et le chou, que les Maisons Taittinger et Pommery développent également leurs propres sparkling wine sur les terres anglaises. De plus faut-il le rappeler, son père étant viticulteur en Angleterre, la Reine Camilla était la présidente de la United Kingdom Vineyards Association. Et ce que femme veut….
Soit dit plus personnellement, je m’interroge : quel champagne s’accorde avec une quiche aux fèves et aux épinards ?




