Accueil Abonnés Chez Roederer, la vigne lutte, le vin s’exprime en 2024

Chez Roederer, la vigne lutte, le vin s’exprime en 2024

L’année 2024 restera dans les mémoires. Humide, marquée par des records de pluviométrie et une forte pression du mildiou, elle aurait pu virer au cauchemar pour la vigne. Mais un mois d’août sec, suivi de vendanges plutôt clémentes jusqu’au 24 septembre, a permis de sauver la mise. C’est en tout cas l’analyse de Jean-Baptiste Lecaillon, chef de caves de la Maison Louis Roederer, lors de la dégustation des vins clairs.

« 2024, C’est une histoire d’eau qui se traduit dans les vins de façon intéressante », confie-t-il. « Et ce qui frappe cette année, c’est l’expression très marquée des spécificités régionales. Dans l’Aube, où l’eau a coulé à flots, les profils sont bien différents de ceux de la montagne de Reims nord, plus classique, ou de la vallée de la Marne et de la côte des Blancs, qui rappellent, elles, le millésime 2004″.

Si chez Roederer,  les rendements sont modestes (7 200 kg/ha contre une moyenne champenoise autour de 8 500 kg/ha), les jus se révèlent équilibrés, caressants, sans excès de fruité ni de puissance. « Une année viticole difficile qui aboutit à un vin facile », résume Jean-Baptiste Lecaillon. Et parmi les cépages, le meunier s’illustre de façon remarquable : « délié, aromatique, il est très bon en 2024 », affirme-t-il avec un sourire.

Quelques parcelles emblématiques confirment cette diversité : Pour le pinot noir, Aÿ : parcelle Bonotte (destinée à Cristal), mi-coteau, très arrosée. Le vin est fin, poudré, à la fois fruité et délicat. Verzenay : profil plus concentré grâce à un climat plus sec. Le jus est salin, énergique, avec une belle tension. Issu de la parcelle Pisse-Renard (Cristal). Pour le chardonnay, Mesnil-sur-Oger – Montmartin : chardonnays crayeux, très purs en bouche.

« En 2024, il valait mieux être œnologue que vigneron »

Autre point fort de l’année : la facilité d’assemblage. « En 2024, il valait mieux être œnologue que vigneron », glisse Lécaillon. Issu de cette vendange, Le futur Collection 249, qui sortira dans trois ans, en est une belle illustration avec 30 % de meunier, 44 % de chardonnay et 26 % de pinot noir, dont 30 % ont subi une fermentation malolactique. Côté cuvées de prestige,les cuvées Cristal blanc et rosé et les millésimés seront bel et bien produites.

Enfin, Jean-Baptiste Lecaillon a également évoqué les prochaines éditions des cuvées Stark, un brut nature issu d’une vendange unique à Cumières, vinifié sans assemblage et co-fermenté. Pour le 2018, toutes les variétés ont été vendangées le 2 septembre : principalement pinot noir, avec un peu de meunier, chardonnay et pinot blanc. À l’avenir, les sept cépages champenois y figureront, y compris le petit meslier, l’arbanne et le pinot gris. Le rosé, lui, reprend la même base avec une macération à froid de grappes de pinot noir ajoutées au reste avant co-fermentation.

« Stark, c’est une idée pour l’avenir, un vin pensé pour les années chaudes et sèches », conclut-il.