Après 2006, 2009, 2012, voici le quatrième opus des cuvées liées à l’association de la Maison Roederer et du designer Philippe Starck. En rosé et en brut et en millésime 2015. Et pour Jean-Baptiste Lecaillon, chef de caves de la Maison Louis Roederer, il s’agit sûrement, « du millésime le plus réussi des quatre. Il représente l’idée même du projet ». Et le projet pour ceux qui s’en souviennent à démarrer il y a plus d’une dizaine d’années.
De fait, par cette association étonnante, ce qui aurait pu être qualifié de « buzz » de plus sur la planète « champagne » par la vénérable Maison Roederer s’est traduit par une vraie démarche de recherche et d’élaboration qui démarre sur un millésime solaire, celui de 2006 et un sol atypique. Dix hectares appartenant à la maison, dotés de deux parcelles sur les lieux-dits des Chèvres et des Chèvres Pierreuses sur le terroir de Cumières. Sur ces parcelles sont plantés des pinots noirs, des meuniers et des chardonnays bénéficiant de la culture en biodynamie sur de l’argile froide et de la pierre meulière. Plus techniquement, Roederer a procédé à l’assemblage des raisins directement aux pressoirs, puis les a vinifiés intégralement 50 % sous bois et 50 % en cuves inox pour ensuite travailler l’assemblage. Ils ont été élevés ainsi entre 15 et 18 mois, puis tirés en bouteilles en « petite mousse » (4,5 kg). Aucun dosage n’a été ajouté. Depuis les millésimes 2009, 2012 et désormais le 2015 sont venus s’ajouter à la collection.
Pour les millésimes 2015, la recette est la même : « ce sont toujours les mêmes parcelles, vendangées très mures, on presse ensemble les chardonnays, meuniers et pinots noirs ». et d’ajouter : « sur ces parcelles, » ai rajouté de l’arbane, du pinot blanc, et du pinot gris, sur la parcelle de Cumières, c’est un peu mon conservatoire ». Pour le rosé dont c’est la deuxième édition, « c’est le même jus, quatre jours avant la vendange, on prend les pinots noirs, on érafle et on les fait macérer quatre jours pendant dix jours, puis quand je rentre le brut, je le rajoute ensuite la macération et ensuite ça fermente ». Simple, mais cela n’est-il par le comble de l’art ! Et surtout tellement complexe en termes d’arômes, de goûts et d’équilibre avec ce petit zeste d’agrume salin, fin, aromatique et puissant tout en restant dans la délicatesse, une bulle douce comme une caresse…
Prix : 70/75 euros




