Accueil Développement Durable Dans le raisin tout est bien pour la société Le Rafidin (Pocancy)

Dans le raisin tout est bien pour la société Le Rafidin (Pocancy)

©Michel Jolyot

Depuis quelques années, la société Le Rafidin traite les co-produits liés à l’or champenois tout en préservant l’environnement et en prônant le développement durable.  Les aignes, constituées de pulpes, pépins, rafles et du jus non extrait du pressurage, sont l’autre manne de la Champagne liée aux vendanges (environ 100 000 tonnes). Et les traiter est une obligation réglementaire, de plus, elles sont riches en produits organiques et ces résidus peuvent être réutilisables. On les appelle aussi : les co-produits. Des co-produits dont la société Le Rafidin, créée en 2018, se fait fort d’exploiter. Si l’idée de n’est pas nouvelle, Le Rafidin propose des solutions locales pour mieux mettre en avant les notions fortes de RSE et de développement durable. « Nous travaillons sur trois thèmes forts. Collecter, préserver et valoriser sont nos trois maîtres-mots » indique Frédéric Bon, co-fondateur de la société.

Collecter les aignes le plus rapidement possible

 Implantée à Pocancy  (là où est né Aimé Salon créateur du champagne Salon) au lieu-dit Le Rafidin, qui a donné le nom à sa marque, la SARL familiale co-dirigée par Damien Levesque et Frédéric Bon a développé son entreprise courant 2017 avec un programme d’investissement en étendant son activité à la valorisation de co-produits de la vigne avec l’installation d’une colonne à distiller, de cuves de réception des marcs et de cuves à éthanol, d’outils de presse et de séchage et de zones de stockage. Toutefois si le matériel est là, c’est surtout une « course contre la montre durant les vendanges pour pouvoir collecter les aignes le plus rapidement possible qui est le plus important » observe Frédéric Bon. Qui ajoute : « on considère que l’on perd 25 % des polyphénols en 24 heures ». Ces fameux polyphénols contenus dans les pépins de raisins,, antioxydants, colorants, une matière étonnante qui permet de préserver les cellules du corps et les aliments. Leurs applications sont nombreuses du tanin jusqu’à la pharmacologie. « Nous travaillons ainsi cette matière pour en vendre les extraits ». Un travail réalisé avec des maisons à l’instar de Moët & Chandon, Roederer ou Taittinger mais également des coopératives et 150 récoltants-manipulants.

Frédéric Bon, co-fondateur de la société Le Rafadin et Edouard Baron, directeur commercial ©Michel Jolyot

Efficacité économique et écologique

Pour Frédéric Bon, la valeur ajoutée de son entreprise est de mettre en avant des atouts associés à la préservation de l’environnement : « les produits que nous fabriquons sont des alternatives aux conservateurs chimiques. Cette production est réalisée avec des systèmes purifications mécaniques, des extraits sans solvants, cela concourt à la préservation de l’éco-système. Ainsi on ne sèche que les pépins, pour un bilan carbone plus intéressant. Chez nous nous travaillons en local, nous n’envoyons pas nos pépins en Chine il faut arrêter ces aberrations ! La vertu sans efficacité économique et écologique, cela ne sert à rien ». Et de rappeler : « il y a des enjeux réels, c’est à nous de continuer à encore mieux valoriser plus et à collecter plus. On espère qu’en 2022, les acteurs champenois changeront leurs habitudes, car le prisme de la RSE et le développement durable est de plus en plus important ».


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