
Une dégustation à quatre mains, et pas n’importe lesquelles, celle de Michel Davesne et Caroline Latrive, chef et cheffe de caves de la Maison Deutz. Avec cerise sur le gâteau, l’apparition de Marc Hoellinger, nouveau président de la maison.
C’est toujours un plaisir d’être accueilli dans l’adorable maison de maître de la rue Janson à Aÿ. Sans prétention, les gens sont sympas et les vins sont bons, l’essentiel est là ! Détendus par une vendange d’exception, les deux maîtres de l’art forment un duo d’exception, qui certes ne durera qu’un temps (lire ici), mais qu’il faut donc apprécier à sa juste valeur. Actuellement comme le précise Michel Davesne, « On a assemblé le brut Classic et les rosés sans année, et on travaille sur le Blanc de Blancs et l’Amour ». Malgré le réchauffement climatique, la fermentation malolactique a été faite comme à l’habitude, « toutefois on se pose la question du sans malo, ça interroge », souligne Caroline Latrive. Et force est de constater au fil de la dégustation de vins clairs de chardonnays (Avize et Oger) qu’il faudra un jour se la poser. De fait, ils sont superbes, il y a la maturité, également un équilibre et un joli « peps » en fin de bouche. C’est parfait ! Presque à déguster immédiatement en vin tranquille… ou en coteaux champenois. Toutefois on le sait c’est justement cette perfection qui fait douter certains en Champagne où le maître mot a toujours été l’acidité. Avec des meuniers (Montigny-sous-Chatillon et Troissy) tout aussi charmeurs, acidulés et long en bouche, le cépage champenois s’en sort très bien en 2022. Quant aux pinots noirs (Aÿ et Bouzy), là aussi, les vins sont au top de leur personnalité avec la puissance, l’élégance et la longueur en bouche, de quoi élaborer les parcellaires de la Côte Glacières et des Meurtet d’Aÿ.
Côté dégustation de champagne, la Maison Deutz a toujours travaillé sur la « buvabilité » voire la désirabilité. Et cela lui a réussi. Ce sont des champagnes élégants et frais travaillés toute en finesse à l’instar du Brut Classic avec sa base vendange 2019 ( 54 % moitié de vin de réserve dont 38 % chardonnays) ou du Rosé (80 % de pinots noirs, 4 % de rouge d’Aÿ et Mareuil-sur-Aÿ parcelles -maison, 20 % chardonnays, 10 % de vin de réserve). À noter que pour cette année, l’élaboration du rosé a évolué : « on arrive à mieux extraire la couleur, pour 2022, nous allons mettre seulement 2,5 % de rouge pour garder une couleur constante pour notre rosé ».

Pour terminer ce moment fort agréable de dégustation, une cuvée William Deutz 2013 a été débouchée ainsi que la prochaine cuvée Amour de Deutz 2013 en voie d’être commercialisée. Pur délice mettant encore une fois en valeur ce millésime 2013 qui est pour moi l’un des meilleurs de ses dernières années.
Quant au nouveau président, Marc Hoellinger, ce dernier s’est montré charmant, sympathique et … discret, et ne parlera que « quand il aura quelque chose à dire ». On attend !




