À peine les sécateurs rangés ou prêts à l’être, l’interprofession champenoise planche déjà sur d’autres dossiers. Chercher et trouver et avancer, cela pourrait être le crédo de la Champagne, et comme le souligne Jean-Marie Barillère, président de l’Union des Maisons de Champagne, « depuis 300 ans, et en dépit des nombreuses crises qu’elle a traversées, la Champagne s’efforce de progresser dans sa quête de l’excellence. L’éprouvante campagne viticole que nous venons de traverser nous rappelle que cette quête passe aussi par le perfectionnement de nos outils de régulation agronomique et économique ». Avec comme objectif, l’évolution d’un des outils les plus précieux de la Champagne : la réserve interprofessionnelle « Que tant de régions nous envient » observe Jean-Marie Barillère. Qui ajoute : « Nous sommes convaincus que cet outil peut encore être amélioré et adapté à notre nouvel environnement économique et agronomique » déclare-t-il.
« Modalités susceptibles de renforcer la réserve »
Et il est évident que cette vendange 2021 a rappelé aux Champenois que le climat champenois est lié à cette région septentrionale qui cumule une double influence océanique et continentale. Donc humide et froid. Vraiment trop froid et humide en 2021 ! Face à un marché en plein rebond économique (on pense atteindre les 300 millions de bouteilles en fin d’année) les petites récoltes ne peuvent pas être successives. Ainsi comme le souligne le patron des maisons de champagne : « Si, dans les années 50, les exploitations pouvaient supporter trois petites récoltes d’affilé, ce n’est évidemment plus le cas aujourd’hui. Il appartient donc aux Vignerons et Maisons de réfléchir, dans le cadre interprofessionnel, aux modalités susceptibles de renforcer la réserve, dans son rôle d’amortisseur des chocs. C’est ainsi que les exploitants pourront continuer de prendre des risques en faveur de pratiques toujours plus respectueuses de l’environnement. Nous allons proposer au SGV (Syndicat général des vignerons de la Champagne) que la Commission Amont du CIVC (Comité Champagne) soit en charge de cette réflexion pour une mise en place le tôt possible ».
Sortie de réserve avant la vendange
À ce propos, Jean-Marie Barillère explique : « Nous avons déjà plusieurs idées qui devront être rigoureusement expertisées pour s’assurer qu’elles ne remettent pas en cause le statut de la réserve ni ne fassent peser un risque déflationniste sur le marché. Par ailleurs, la sortie de quantités de la réserve avant la vendange doit être rendue possible pour permettre la fixation d’un rendement au niveau moyen de la Champagne sans pénaliser ceux dont les rendements sont supérieurs. Ceux-ci pourraient immédiatement réalimenter leur réserve ».
À ce dossier, un autre est en train de se concrétiser, il met en exergue la fameuse entraide champenoise : « un dispositif de “solidarité vigneronne” a été soumis au ministère de l’Agriculture pour permettre, dans des conditions très strictes et encadrées, à un vigneron dont le rendement serait excédentaire, de concéder gracieusement des raisins à un voisin victime d’un aléa climatique reconnu par arrêté préfectoral ».
Comme l’observe Jean-Marie Barillère : « On ne va pas s’ennuyer cet hiver… La Champagne doit continuer de se perfectionner… encore et toujours ».





