À fin juin 2025, les expéditions de vins de Champagne atteignent 105,4 millions de bouteilles, soit une baisse de 1,2 % par rapport à la même période en 2024 (106,6 millions). Ce recul global masque toutefois des évolutions différentes selon les marchés et les profils d’expéditeurs.
Le marché français en recul, l’export en légère hausse
La consommation reste en berne en France avec 41,0 millions de bouteilles expédiées de janvier à juin 2025, soit un recul de 5,2 % par rapport à l’an dernier. À l’inverse, les exportations progressent légèrement à 64,5 millions de bouteilles, en hausse de 1,6 %, grâce aux bons résultats dans les pays tiers (46,0 millions, +3,8 %), même si l’Union européenne recule à 18,5 millions, soit -3,4 %.
En juin seul, les expéditions atteignent 19,9 millions de bouteilles, en baisse de 1,5 % par rapport à juin 2024 (20,2 millions). Le marché français reste quasiment stable à 8,0 millions (-0,1 %), tandis que l’export diminue à 11,9 millions (-2,4 %), avec une nette chute dans l’UE (3,0 millions, -11,3 %) et une hausse modérée vers les pays tiers (8,9 millions, +0,9 %).
Coopératives et vignerons en difficulté
Les maisons de Champagne stabilisent leurs volumes sur le semestre avec 78,0 millions de bouteilles expédiées, en progression de 0,3 %. Elles bénéficient d’une hausse à l’export (55,5 millions, +2,1 %) qui compense une baisse en France (22,5 millions, -4,0 %). Les maisons représentent désormais près de 74 % des expéditions totales sur la période.
Les coopératives enregistrent un recul à 8,6 millions de bouteilles (-5,0 %), dont 4,1 millions en France (-10,5 %) et 4,5 millions à l’export (+0,6 %).
Les vignerons atteignent 18,8 millions de bouteilles sur le semestre, en baisse de 5,0 %, avec 14,3 millions expédiées en France (-5,5 %) et 4,5 millions à l’export (-3,4 %).
Sur douze mois glissants (de juillet 2024 à juin 2025), les expéditions de Champagne totalisent 270,6 millions de bouteilles, en recul de 3,3 % par rapport à la même période l’année précédente (279,9 millions). Le marché français passe sous les 120 millions, à 116,2 millions (-5,1 %), tandis que l’export atteint 154,4 millions (-2,0 %).
Une donnée scrutée de près avant l’annonce des rendements
Ces chiffres sont publiés à quelques jours de l’annonce des rendements autorisés pour la vendange 2025. Or, ces rendements sont étroitement liés au niveau des ventes enregistrées dans l’année. Dans un contexte de consommation atone en France et de reprise encore fragile à l’export, ces résultats pèseront forcément dans les arbitrages à venir, notamment en ce qui concerne le rendement commercialisable. L’interprofession devra trouver un équilibre entre prudence économique et potentiel de récolte.
(Source Comité Champagne)




